
Prêté cette saison par le Stade Toulousain à Agen, Sialevailea Tolofua sait exactement pourquoi il a quitté Ernest-Wallon. À 21 ans, le troisième ligne veut profiter de la Pro D2 pour accumuler du temps de jeu, progresser dans les secteurs de combat et revenir suffisamment fort pour prétendre porter le maillot Rouge et Noir.
Un parcours que Cyril Baille l’avait d’ailleurs encouragé à emprunter avec un message particulièrement clair : profiter de ce prêt pour « tout casser ».
Chez les Tolofua, difficile d’échapper au rugby.
Sialevailea est l’avant-dernier d’une fratrie de cinq enfants et deux de ses frères évoluent déjà au plus haut niveau : Christopher à Montpellier et Selevasio à Clermont.
La famille compte également Abraham Tolofua, passé notamment par Grenoble et Clermont, ainsi que Willy et Jean-Jacques Taofifenua parmi ses oncles.
« Le rugby est culturel à la maison »
Pourtant, Sialevailea Tolofua n’a pas immédiatement imaginé faire du rugby son métier.
Le jeune troisième ligne raconte dans La Dépêche une enfance évidemment entourée par ce sport, sans avoir pour autant planifié une carrière professionnelle.
« Cela part de mon père et de ma mère, qui sont venus de Wallis-et-Futuna. Mon père était à l’armée, et ils sont arrivés à Fréjus, puis Nice et Lille, avant d’arriver à Toulouse. Le rugby est culturel à la maison. Mais c’était vraiment quelque chose où je n’arrivais pas trop à me situer au début. J’avais juste envie de jouer et de profiter. Je ne savais pas que cela allait devenir mon gagne-pain. »
Formé au Stade Toulousain, où son petit frère évolue encore en Crabos, Tolofua a finalement décidé de quitter temporairement son club formateur cet été.
Direction Agen pour un prêt d’une saison.
« Jouer en Espoirs au Stade, c’est bien, mais cela ne suffit pas »
Le raisonnement du joueur de 21 ans est simple : pour franchir un nouveau cap, il lui fallait désormais se confronter régulièrement au rugby professionnel.
La Pro D2 lui offre précisément ce dont il était venu chercher à Agen : du temps de jeu et des confrontations beaucoup plus exigeantes.
« Jouer en Espoirs au Stade, c’est bien, mais cela ne suffit pas pour aller plus loin dans ta carrière. C’était surtout pour mon évolution, pour pouvoir gagner du temps de jeu. Cela fait du bien aussi de voir autre chose. »
Tolofua connaissait déjà l’histoire récente du SUA.
« Il y a une époque où le SUA avait une équipe incroyable, avec des joueurs comme Pierre Fouyssac. Quand mon frère jouait en Top 14, quand j’étais petit, je regardais la télévision, et je me rappelle de certains matchs. »
Et ses premières semaines Agenaises semblent confirmer l’intérêt de ce choix.
« C’est un autre milieu qui me permet d’évoluer, surtout au niveau des contacts, de la défense, parce que cela tape fort et cela va vite aussi en Pro D2. C’est un niveau hyper intéressant. »
Un troisième ligne qui revendique sa polyvalence
Tolofua devrait déjà connaître contre Dax sa quatrième titularisation.
Utilisé aussi bien au poste de numéro 6 qu’en troisième ligne centre, il considère cette polyvalence comme l’une de ses principales forces.
Et le jeune Toulousain ne cache pas sa confiance dans ses qualités défensives.
« J’ai tellement envie de réussir que j’ai vraiment envie de donner le maximum. J’ai un profil un peu spécial. Je peux sauter en touche, et aussi être très fort en bas. Mon point fort est la défense. Je suis un très bon défenseur. Mais les deux postes sont très complémentaires. C’est ce qu’on cherche le plus, la polyvalence dans mon profil ! »
Cyril Baille lui avait conseillé de « tout casser »
Malgré son départ à Agen, Sialevailea Tolofua n’a jamais perdu de vue Toulouse.
Sous contrat avec le Stade jusqu’en 2028, il continue de suivre les rencontres de son club formateur et bénéficie notamment des conseils de Jérôme Cazalbou.
Avant son prêt, Cyril Baille lui avait également glissé quelques mots.
Un message que le jeune troisième ligne n’a visiblement pas oublié.
« J’ai la chance d’avoir Jérôme Cazalbou qui nous aiguille. Un jour, Cyril Baille m’avait également dit que ce prêt serait très bien pour moi, et qu’il fallait que je casse tout. On peut prendre l’exemple de Thomas Ramos. Il y a des joueurs qui font des prêts et reviennent, comme Malachi Hawkes ou Valentin Delpy aussi. »
L’objectif final est désormais parfaitement assumé.
« Revenir au Stade est actuellement l’objectif. J’ai envie de jouer avec le maillot « rouge et noir ». C’est un rêve pour tout le monde. Mais aujourd’hui, c’est plus un objectif qu’un rêve. »







