
Montpellier traverse une période délicate en première ligne. Baptiste Erdocio, Jordan Uelese et Mohamed Haouas sont tous indisponibles pour plusieurs semaines, mais le MHR dispose encore de nombreuses solutions grâce à la polyvalence de son pack.
Parmi elles, Valentin Welsch est en train de prendre une place inattendue. Arrivé au centre de formation avec un statut extrêmement modeste, le pilier capable d’évoluer à gauche comme à droite enchaîne désormais les apparitions en Top 14 et impressionne ses partenaires.
La victoire contre Toulon a laissé une trace dans l’effectif Montpelliérain. Baptiste Erdocio s’est rompu le tendon du biceps et ne devrait pas revenir avant trois mois.
Il rejoint Jordan Uelese, victime d’une fracture de la mâchoire et dont le retour n’est prévu qu’au début du mois de décembre, ainsi que Mohamed Haouas, gêné par une pubalgie et attendu au plus tôt en novembre.
Joan Caudullo mesure parfaitement l’importance des joueurs actuellement indisponibles.
« C’est une première ligne qui serait titulaire dans beaucoup de clubs de Top 14, et qui va être sur le carreau pour un moment. »
Wardi revient, Montpellier peut compter sur sa polyvalence
Malgré cette situation, le staff dispose encore de plusieurs options.
La première bonne nouvelle concerne Reda Wardi. L’international Français va effectuer son retour à la compétition ce samedi sur le banc à Jean-Bouin et disputera ainsi son premier match officiel sous ses nouvelles couleurs.
Christopher Tolofua peut également retrouver le poste de talonneur pour compenser l’absence de Jordan Uelese, même s’il travaille depuis plusieurs mois à sa reconversion durable au poste de pilier droit.
Lucas Tabarot présente lui aussi une polyvalence précieuse puisqu’il peut évoluer comme pilier gauche ou talonneur. Valentin Welsch possède pour sa part une qualité plus rare encore : il peut couvrir les deux côtés de la première ligne.
Avec Luka Japaridze et Wilfrid Hounkpatin également disponibles et performants à droite, Montpellier conserve donc des ressources avant d’affronter la mêlée du Stade Français.
« Pas de chambre, pas d’argent, rien »
Valentin Welsch symbolise parfaitement cette profondeur.
Samedi, il connaîtra sa cinquième apparition en autant de journées. Déjà titulaire contre Toulouse, il voit son temps de jeu augmenter et continue de convaincre.
Son parcours était pourtant loin d’être tracé lorsqu’il est arrivé à Montpellier en 2020.
Interrogé par Midi Olympique, Joan Caudullo se souvient d’un joueur présenté comme talonneur, extrêmement discret, mais possédant des capacités physiques qui l’ont immédiatement interpellé.
« À mon arrivée au club en 2020, on me le présente comme un talonneur qui ne sait pas lancer. J’ai en face de moi un mec très timide, un énorme bosseur, avec des parents exceptionnels. Je regarde ses stats physiques, et je vois un gamin capable de pousser 190 kilos en squat complet, le cul par terre. Là, je demande : « Vous êtes sûrs que ce mec là ne peut pas jouer pilier ? » Là, je me dis qu’il faut qu’on trouve une solution. Il entre dans le centre de formation par la petite porte, avec le plus petit statut, sans rien. Pas de chambre, pas d’argent, rien. Puis, au fur et à mesure, on arrive à lui trouver une chambre, à l’intégrer. »
Aurillac, le passage qui change tout
Son passage par Aurillac a joué un rôle majeur dans sa progression.
Confronté en Pro D2 à des piliers beaucoup plus expérimentés, Welsch a connu un apprentissage parfois compliqué. Principalement utilisé à droite, il a reçu trois cartons jaunes durant la saison mais a tout de même terminé l’exercice avec quatorze feuilles de match, dont quatre comme titulaire.
De retour à Montpellier la saison suivante, il a profité de la Challenge Cup pour gagner du terrain dans la hiérarchie. Il avait notamment été titularisé à droite en demi-finale face aux Dragons Gallois.
Son bilan avait alors atteint douze apparitions toutes compétitions confondues, deux essais et aucun carton.
Les blessures de Reda Wardi en début de saison puis de Baptiste Erdocio lui offrent désormais encore davantage de responsabilités.
Tolofua : « Val’ ? C’est un animal »
Et dans le vestiaire Montpelliérain, son profil semble faire l’unanimité.
Après la victoire 28-0 contre Toulon, Christopher Tolofua avait livré un portrait particulièrement savoureux de son jeune partenaire.
Le talonneur ne cache pas avoir initialement été surpris par le profil atypique de Welsch avant d’être totalement convaincu.
« Val’ ? C’est un animal. Franchement, honnêtement, il fait vraiment partie de ces joueurs qui donnent leur corps à la science sur les matches de rugby. En tout cas, j’étais un peu réticent en le voyant arriver, avec son profil un peu atypique, mais il est raide comme un bout de bois sur toutes les zones de collision. C’est un platane, et franchement, c’est un très, très bon jeune. Et au-delà de ça, ce qui est le plus important pour moi dans un groupe, c’est que c’est un super mec. C’est un mec qui travaille, c’est un gros bosseur. Il me fait beaucoup penser à Jean-Baptiste Gros dans ce profil « casquant ». Je trouve qu’aujourd’hui, il est là où il est parce qu’il a fait les efforts nécessaires et que le staff lui a aussi donné cette confiance. Comme quoi, aller se rayer le casque en Pro D2, ça fait du bien. »
« À chaque fois on se demande s’il touche son plafond »
Joan Caudullo partage totalement cet enthousiasme.
Depuis son arrivée presque anonyme au centre de formation jusqu’à son installation progressive dans la rotation professionnelle, Valentin Welsch n’a cessé de franchir les étapes.
Et son manager insiste : sa présence sur les feuilles de match n’est pas une récompense pour son parcours, mais bien la conséquence de ses performances.
« Il a monté les échelons et à chaque fois on se demande s’il touche son plafond mais non, donc il continue. « Val », c’est vraiment une belle histoire et je suis heureux de le voir avec nous aujourd’hui. Mais je ne le mets pas sur le terrain parce que je suis heureux pour lui : je le mets parce que j’ai confiance en lui. »







