
Depuis sa remontée en 2022, l’Aviron Bayonnais est parvenu à s’installer dans le paysage du Top 14. Une réussite loin d’être évidente pour un promu et que Philippe Tayeb refuse pourtant de présenter comme définitivement acquise.
Entre stabilité, structuration, travail, formation, expérience et une indispensable part de réussite, le président Bayonnais dévoile les ingrédients de ce que certains de ses administrateurs qualifient avec humour de « miracle de Lourdes ».
Il suffit de regarder le parcours récent de Bayonne pour comprendre la prudence de son président.
Pour sa première saison après la remontée, l’Aviron avait terminé huitième et obtenu sa qualification pour la Champions Cup. Il avait ensuite terminé douzième, puis quatrième, avant de retrouver la douzième place.
Une succession de résultats qui rappelle à Philippe Tayeb qu’aucun club n’est définitivement à l’abri.
Une alchimie trouvée dès la remontée
En 2022, Bayonne avait pourtant réuni plusieurs ingrédients déterminants.
Camille Lopez et Maxime Machenaud avaient rejoint un effectif qui comptait déjà des joueurs de Pro D2 capables d’évoluer au niveau supérieur. Le club pouvait également s’appuyer sur un solide noyau issu de sa formation.
Cette combinaison entre expérience et continuité avait immédiatement porté ses fruits.
Mais Philippe Tayeb ne cache pas qu’une part de réussite est également nécessaire pour réussir dans un championnat aussi exigeant.
Les délocalisations toujours nécessaires
La progression de l’Aviron n’a pas pour autant supprimé toutes les contraintes économiques.
Bayonne avait notamment fait le choix de délocaliser certaines rencontres pour développer ses ressources. Une stratégie qui reste, selon son président, nécessaire.
Dans Midi Olympique, Philippe Tayeb ne cache pas que l’Aviron poursuit encore sa construction :
« Oui et c’était obligatoire. Ça l’est encore aujourd’hui. Nous sommes tous confrontés aux mêmes problèmes, à nos finances, à la maîtrise du salary cap. Nous n’y sommes pas encore. La trajectoire de notre projet va nous y amener rapidement, je l’espère en 2028-2029. »
Le président Bayonnais fixe donc un horizon, mais se garde bien d’en faire une garantie de réussite sportive.
« Une année peut être catastrophique »
C’est précisément l’un des enseignements tirés des dernières saisons : même un club structuré et disposant de moyens importants peut rapidement basculer.
Et une relégation constitue un danger considérable car retrouver immédiatement le Top 14 est loin d’être automatique.
Tayeb mesure parfaitement les conséquences que pourrait avoir une mauvaise saison :
« Ceci ne nous donne aucune garantie rugbystique et même les équipes qui ont de gros moyens financiers peuvent se mettre en danger. Une année peut être catastrophique, le Pro D2 est très dur, tu n’as aucune garantie de remonter. Nous, on l’a fait, Vannes aussi, mais beaucoup de clubs ne remontent pas. D’ailleurs, je ne sais même pas s’il y a cette volonté, si c’est pour perdre tous les week-ends. »
Voilà pourquoi le dirigeant refuse de considérer Bayonne comme définitivement installé parmi l’élite.
« Certains administrateurs me disent que c’est le miracle de Lourdes »
Alors, quelle est finalement la recette ?
Il n’existe évidemment aucune formule magique. Mais après plusieurs années passées à construire son club, Philippe Tayeb identifie quelques éléments indispensables.
Et certains dirigeants de l’Aviron ont trouvé une manière beaucoup plus amusante de qualifier le parcours accompli.
Philippe Tayeb raconte avec humour :
« Oui. Certains administrateurs me disent que c’est le miracle de Lourdes. Comme le Pape est venu, faisons un clin d’œil au miracle ! Il faut beaucoup de stabilité, de structuration et de travail, un peu de chance et beaucoup d’humilité. Tout ça peut te permettre de t’installer, même si on ne l’est jamais vraiment, dans ce Top 14… »
Une dernière précision qui résume parfaitement la philosophie du président Bayonnais : après plusieurs saisons dans l’élite, l’Aviron a considérablement grandi, mais Philippe Tayeb refuse de considérer que sa place en Top 14 est définitivement acquise.







