
Grégory Alldritt traverse une période déterminante de sa carrière internationale. Privé du XV de France depuis bientôt un an, le troisième ligne de La Rochelle espère retrouver les Bleus cet automne et conserver toutes ses chances de participer à la Coupe du monde 2027 en Australie.
À quelques jours de la prochaine liste de Fabien Galthié, attendue le 21 octobre, son cas sera forcément scruté.
À 29 ans et avec 58 sélections, Grégory Alldritt a longtemps été l’un des hommes incontournables du XV de France. Titulaire lors des deux dernières Coupes du monde, capitaine à huit reprises et encore porteur du brassard pendant le Tournoi 2025, le Rochelais se retrouve désormais dans une situation beaucoup moins confortable.
Écarté lors du Tournoi des Six-Nations 2026, il aurait pu retrouver les Bleus durant l’été. Une blessure au mollet l’a finalement contraint à déclarer forfait.
Alldritt n’a pas abandonné le Mondial 2027
Cette occasion manquée avait été particulièrement difficile à accepter pour le numéro 8 Rochelais. Mais elle a surtout renforcé sa volonté de reconquérir sa place.
Fin août, Alldritt ne cachait ni sa déception ni sa détermination à retrouver le maillot Bleu :
« J’étais très déçu. J’avais coché cet objectif après le Tournoi, je voulais reporter le maillot bleu et essayer de reperformer, de montrer ce que je valais. Malheureusement, ça n’a pas pu se faire cet été (…) Mais ça m’a remotivé. Je ne vais pas lâcher le morceau, je vais me battre pour faire la préparation à la Coupe du monde et espérer décrocher une place pour l’Australie. A moi d’être la meilleure version de moi-même sur ce début de saison. Je suis prêt ! »
Encore fallait-il réaliser un début de saison suffisamment convaincant avec La Rochelle pour rebattre les cartes.
Pour l’instant, ses performances restent irrégulières. En difficulté contre Toulouse, particulièrement précieux en sortie de banc à Toulon, Alldritt s’est ensuite retrouvé capitaine d’une équipe Rochelaise en grande difficulté à Pau.
La Rochelle estime qu’Alldritt n’est pas aidé
Rémi Talès refuse cependant de réduire les prestations de son capitaine à une simple baisse de niveau individuelle.
L’entraîneur Rochelais estime notamment via RMC Sport que son troisième ligne a tenté de maintenir son équipe à flot lors de certaines rencontres compliquées :
« De l’extérieur, on a l’impression qu’il n’était pas présent mais quand tu revois le match, c’est l’un des seuls avants qui portait le ballon, essayait de contester de rattraper le coup des autres. »
La présence de nombreux jeunes joueurs oblige également Alldritt à assumer davantage de responsabilités sur le terrain, au risque d’y laisser beaucoup d’énergie.
Talès considère que cette situation pèse directement sur ses performances :
« On a conscience que dans des matchs comme ça, on ne l’aide pas car il est obligé de tenir la barraque, c’est dur pour lui, on lui tire beaucoup dessus. Quand il y a énormément de jeunes sur le terrain, lui et Nolann Le Garrec ont tellement de choses à gérer qu’ils perdent de l’énergie dans des rôles qu’ils n’ont pas à tenir. Ça influe sur leurs performances. »
« Je ne veux pas sauter les étapes »
Alldritt sait néanmoins que le meilleur moyen de retrouver Marcoussis consiste à redevenir dominant avec son club.
Le troisième ligne assure ainsi vouloir se concentrer prioritairement sur La Rochelle plutôt que de vivre constamment dans l’attente d’un éventuel appel de Fabien Galthié.
Le Rochelais refuse de laisser cette incertitude prendre le dessus :
« Je vous avoue que je préfère me concentrer sur le fait que La Rochelle doit redevenir dominante et, dans le sillon, d’être moi-même dominant. Je sais que ça me ramènera en équipe de France mais je ne veux pas non plus sauter les étapes, me prendre la tête à ne pas dormir pour le XV de France. On verra ce qui se passe semaine après semaine. Un an, c’est très, très long, il peut se passer beaucoup de choses. »
La pression existe pourtant. Rémi Talès assure que son joueur « veut rejouer pour l’équipe de France », qu’il « donne tout, tous les jours pour ça » et ressent forcément l’enjeu à l’approche de l’annonce de la liste.
Une concurrence qui n’a pas forcément pris le large
Alldritt n’affiche plus actuellement la domination qui était la sienne à ses meilleures périodes. Mais ses principaux concurrents au poste de numéro 8 n’ont pas nécessairement profité de son absence pour devenir incontestables.
Marko Gazzotti, titulaire contre les All Blacks en juillet, connaît un début de saison plus compliqué. Anthony Jelonch est à l’arrêt depuis avril tandis que Charles Ollivon traverse une période difficile avec Toulon.
Mickaël Guillard apparaît comme celui ayant le mieux tiré son épingle du jeu, lui qui évolue principalement en deuxième ligne à Lyon mais a déjà été utilisé à trois reprises au poste de numéro 8 par Fabien Galthié.
Dans cette concurrence ouverte, Alldritt conserve surtout un atout difficile à mesurer uniquement à travers ses performances : son immense expérience internationale.
« Il faut des tauliers comme Greg »
Avec 58 sélections, dont 44 victoires, Alldritt possède une expérience que peu de ses concurrents peuvent revendiquer. Depuis sa première cape en février 2019, il a participé à 58 des 82 rencontres disputées par les Bleus.
Rémi Talès considère donc que son aventure internationale est encore loin d’être terminée.
L’entraîneur Rochelais insiste notamment sur son leadership et son importance dans un groupe :
« Il a encore de belles heures devant lui, il n’est pas du tout fini au niveau international. Énormément de jeunes poussent, ont du gaz et vont vite mais des joueurs qui ont l’aura et le leadership de Greg, sa faculté à rassurer tout le monde, peu l’ont à ce poste-là. Il faut des tauliers comme Greg. C’est un leader indispensable. Avec l’âge, il a développé d’autre qualités qu’il n’avait pas il y a quatre ans, par rapport à la dernière Coupe du monde. »
Un constat également partagé par Oscar Jegou, son coéquipier à La Rochelle et en équipe de France.
Pour le jeune troisième ligne, l’expérience et l’influence d’Alldritt pourraient peser lourd dans l’optique du Mondial Australien :
« Greg a le statut de leader à Marcoussis, de vice-capitaine. Quand il parle, il est très écouté, il arrive à rassembler tout le monde. Au mondial, il faudra un bon mélange entre des facteurs X et des leaders. Ce sera la décision du sélectionneur mais ça peut être intéressant. Greg a l’expérience pour savoir comment retrouver le maillot, il fait ça très bien, il ne stresse pas et en même temps il a un peu de stress. Je pense qu’il arrivera à son objectif. »







