
Le LOU Rugby traverse une période particulièrement délicate. Battus à domicile par les Sharks de Durban en Challenge Cup (33-40), les Lyonnais viennent d’enchaîner une quatrième défaite consécutive, dont deux devant leur public.
Malgré une équipe sud-africaine largement remaniée, les Rhodaniens n’ont pas réussi à inverser la tendance. À l’issue de la rencontre, l’entraîneur en chef lyonnais a livré un discours particulièrement lucide sur les difficultés de son équipe, allant jusqu’à évoquer une véritable « zone de turbulence » avant les prochaines échéances du Top 14.
La situation commence à devenir préoccupante du côté de Lyon. Après plusieurs résultats décevants, le club rhodanien espérait profiter de son entrée en Challenge Cup pour retrouver de la confiance et renouer avec la victoire.
Mais face aux Sharks, les Lyonnais ont une nouvelle fois payé leurs erreurs défensives et leur manque de maîtrise dans les moments importants. Malgré cinq essais inscrits, ils ont finalement concédé une nouvelle défaite, au terme d’une rencontre particulièrement spectaculaire.
« On a retrouvé des choses qu’on avait déjà vues la semaine dernière »
Interrogé après la rencontre par Midi Olympique, l’entraîneur du LOU a reconnu que son équipe n’avait pas réussi à imposer son rythme, notamment pendant les quarante premières minutes.
Les nombreuses interruptions et la capacité des Sud-Africains à ralentir le jeu ont compliqué la tâche des Lyonnais. Mais le technicien refuse d’en faire une excuse.
Il regrette surtout les erreurs répétées de ses joueurs, qui ont permis aux Sharks de conserver l’initiative.
« En première mi-temps, oui, mais c’est aussi à nous de mettre plus de rythme et d’être plus efficaces. On a retrouvé des choses qu’on avait déjà vues la semaine dernière. […] C’est sûr que quand on va de mêlées en touche, c’est compliqué de mettre du rythme. Malgré ça, on marque en début de deuxième mi-temps, puis on refait deux erreurs qui font qu’on reste chez nous. On donne des ballons à leur arrière qui nous a fait pas mal de misères, et on se retrouve encore à courir après le score. Sur la fin, quand ils ont mis leur jeu en place, ils ne se sont pas affolés. Et puis, ce dernier ballon nous fait très mal. »
Ce dernier ballon constitue justement l’un des tournants de la rencontre.
Alors que les Lyonnais étaient parvenus à revenir à hauteur de leurs adversaires à la 80e minute, ils ont choisi de poursuivre leur offensive pour tenter de décrocher la victoire.
Une prise de risque qui s’est retournée contre eux, les Sharks inscrivant finalement l’essai décisif.
Le LOU assume son ambition malgré la défaite
Fallait-il se contenter du match nul plutôt que de chercher absolument à gagner ?
La question a été posée au technicien lyonnais, qui n’a pas hésité à défendre l’attitude de ses joueurs. Pour lui, une équipe qui évolue à domicile doit conserver l’ambition de remporter ses rencontres, même lorsque le scénario est défavorable.
L’entraîneur refuse donc de faire de cette dernière action la principale explication de la défaite.
« Chez nous, si on n’a pas d’ambition… On aurait pris deux points au lieu d’un, c’est tout. Sur l’ambition, je n’ai rien à dire sur la dernière action. Je préfère avoir une équipe ambitieuse qui veut jouer le dernier ballon pour gagner. Le dernier ballon n’est pas un sujet. Ça aurait fait une défaite de moins à la maison, mais quoi qu’il arrive, le contenu aurait été le même. »
Une manière de rappeler que les problèmes lyonnais sont bien plus profonds qu’une simple erreur de gestion en fin de rencontre.
Avec six essais encaissés face aux Sharks, le LOU continue notamment d’afficher des difficultés importantes dans son organisation défensive.
« On va à Bayonne sous pression, dans une zone de turbulence »
C’est sur ce secteur que le discours de l’entraîneur lyonnais s’est fait particulièrement sévère.
Interrogé sur la facilité avec laquelle les Sharks avaient trouvé des espaces dans la défense rhodanienne, il a reconnu les insuffisances de son équipe.
Mais au-delà de l’analyse technique, le technicien a surtout insisté sur la nécessité d’une prise de conscience collective.
Il annonce une discussion importante avec son groupe dès lundi et ne cache pas la pression qui accompagnera les prochaines rencontres.
« Oui, très facilement. Il y a une interception, un essai qu’on prend dans le côté fermé après un maul plutôt bien défendu… Pour l’instant, on n’a pas les rebonds pour nous. Mais ce qui est important, c’est de savoir dans quelle zone on rentre et avec qui on y rentre. Lundi, il faut qu’on se dise les choses. Même si on n’est pas dans une mauvaise position au classement en Top 14, ça fait quatre matchs qu’on ne gagne pas. Il faut se dire la vérité : on va à Bayonne sous pression, dans une zone de turbulence. Il ne faut pas tourner autour du pot. À nous de voir si on prépare ce match ensemble. Après, on reçoit Vannes, et vous vous doutez bien qu’après deux défaites à la maison, ce sera un match sous une énorme pression. »
Le calendrier ne laisse donc que peu de répit aux Lyonnais.
Après un déplacement toujours compliqué à Bayonne, le LOU retrouvera son public face à Vannes, avec l’obligation de mettre fin à sa mauvaise dynamique.
Deux rendez-vous qui pourraient peser lourd dans la suite de la saison.
« C’est plus facile de s’écarter que de se resserrer »
L’entraîneur lyonnais sait que les périodes de mauvais résultats peuvent rapidement fragiliser la cohésion d’un vestiaire.
Il souhaite donc que ses joueurs prennent leurs responsabilités et abordent les prochaines semaines avec un état d’esprit irréprochable.
Une réunion avec les leaders du groupe est notamment prévue lundi, afin de préparer le prochain bloc de rencontres.
Le technicien insiste sur l’importance de rester unis et refuse d’expliquer les difficultés actuelles par un manque de qualité dans son effectif.
« Mais on connaît notre job, entraîneurs comme joueurs. On sait comment ça se passe quand on ne gagne pas. C’est plus facile de s’écarter que de se resserrer. Je compte sur le groupe pour rester vraiment soudé. J’ai un groupe de leaders, je les verrai lundi à tête reposée pour voir ce qu’ils veulent faire sur le bloc qui arrive. Ce n’est pas un problème de qualité ou de quantité d’effectif. C’est surtout de savoir dans quel état d’esprit on va aborder ces trois ou quatre semaines qui arrivent. »
Le message est clair : Lyon dispose, selon son entraîneur, des moyens nécessaires pour rebondir.
Reste désormais à savoir si les joueurs sauront répondre collectivement à cette période de turbulences.
« Baptiste est une légende du club » : l’hommage à Couilloud
Cette nouvelle défaite avait également une saveur particulièrement amère pour Baptiste Couilloud.
Le demi de mêlée international disputait son 200e match sous les couleurs du LOU, devant sa famille, avec le brassard de capitaine.
Un événement symbolique pour celui qui incarne depuis plusieurs saisons l’identité du club rhodanien.
Son entraîneur, qui l’avait côtoyé sur les terrains dès 2016 à Narbonne, a tenu à lui rendre un hommage particulièrement appuyé.
Il a salué l’engagement et le parcours de son capitaine, tout en regrettant de ne pas avoir pu lui offrir une victoire pour cette 200e apparition.
« Baptiste est une légende du club. C’était amplement mérité qu’il soit capitaine et qu’il joue devant sa famille aujourd’hui. C’est dommage que ce ne soit pas suivi de la victoire. Il a tout donné, comme il l’a fait pendant ses 199 matchs précédents. J’ai eu la chance de jouer avec lui en 2016 à Narbonne, il a gardé cette insouciance. Aujourd’hui, il est passé du jeune joueur au père de famille, à l’homme. Il a énormément donné au club. Je suis très déçu pour lui, même si cette 200ᵉ, il doit la partager avec sa famille parce que ça a une vraie signification. J’espère qu’on ne se rappellera pas de cette défaite et qu’il vivra bientôt de belles victoires. C’est l’année des 130 ans du club, un de nos capitaines fait sa 200ᵉ… C’est d’autant plus important de basculer du bon côté et rester soudés. »
Dans une saison qui marque les 130 ans du club, le LOU espérait évidemment offrir un tout autre scénario à son capitaine.
Mais après quatre défaites consécutives, l’heure est désormais à la réaction.
Le déplacement à Bayonne constituera un premier test important pour un groupe appelé à démontrer sa capacité à rester soudé dans l’adversité.







