
À 33 ans, Teddy Thomas continue de défier les années. Depuis son arrivée au Stade Toulousain en juillet 2025, l’ailier international français semble avoir retrouvé une condition physique optimale, au point d’avoir atteint 36,72 km/h lors d’un sprint à l’entraînement la saison dernière. Une performance qu’aucun de ses partenaires n’avait réussi à égaler.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, l’ancien joueur du Racing 92 et du Stade Rochelais explique comment il entretient son corps et pourquoi son approche de la préparation physique a profondément évolué avec l’âge.
Longtemps freiné par les blessures au début de sa carrière, Teddy Thomas semble aujourd’hui avoir trouvé un équilibre qui lui permet d’enchaîner les rencontres tout en conservant ses qualités athlétiques.
L’ailier toulousain reconnaît avoir beaucoup appris de ses années difficiles. Désormais, il privilégie la régularité, une meilleure hygiène de vie et un travail physique adapté à ses besoins.
Une nouvelle approche après des années de blessures
La longévité de Teddy Thomas ne doit rien au hasard. À 33 ans, le joueur sait précisément ce que son corps peut supporter et ne cherche plus à brûler les étapes comme lorsqu’il était plus jeune.
Interrogé sur les secrets de sa condition physique, il insiste sur les enseignements tirés de ses nombreuses blessures.
« Une bonne alimentation, un cadre sain, une bonne hygiène de vie… Il n’y a pas de secret. Et du travail, bien sûr. J’ai beaucoup appris de mes erreurs de jeunesse. Au début de ma carrière, j’ai subi pas mal de blessures. Or, quand tu es jeune, tu es très impatient, tu as envie que les choses arrivent tout de suite. J’étais donc régulièrement frustré de ne pas trouver de solutions pour enchaîner les matches sur la durée. Je me suis rendu compte avec l’âge et au travers de toutes mes rééducations, que ça ne servait à rien de se miner la tête. Il faut juste continuer à y croire et tout mettre en oeuvre pour que ça se passe mieux. »
Cette évolution mentale accompagne une transformation de son travail quotidien. Le Toulousain a notamment trouvé dans son nouveau club un environnement particulièrement adapté à ses caractéristiques.
Une pointe de vitesse impressionnante à 33 ans
Malgré les années, Teddy Thomas conserve l’une des accélérations les plus redoutables du rugby français.
La saison dernière, il a été chronométré à 36,72 km/h lors d’un entraînement, établissant la meilleure performance de son équipe.
Une statistique qui confirme que l’ailier n’a rien perdu de son explosivité.
Pour Thomas, cette vitesse reste d’ailleurs indispensable à son jeu et constitue même un indicateur de la durée de sa carrière.
« Oui, j’ai toujours eu une bonne pointe de vitesse, c’est même pour ça qu’on me recrute. Le jour où je la perdrais, je crois qu’il sera temps de raccrocher les crampons. Mais pour le moment, c’est vrai que je n’ai pas forcément à rougir de mes performances face aux jeunes de l’effectif. J’arrive à tenir le coup (sourire). Je dois beaucoup à Sébastien Carrat (ancien ailier de Brive, aujourd’hui préparateur physique), avec qui je bosse la technique de course. J’aime énormément sa manière de voir les choses. Il nous enseigne les petites astuces qui sont invisibles du grand public mais qui font énormément de différences. »
Le rôle de Sébastien Carrat apparaît ainsi déterminant dans l’entretien de ses qualités athlétiques.
L’ancien ailier de Brive, aujourd’hui préparateur physique, travaille notamment sur des aspects techniques souvent négligés par le grand public.
Thomas explique que quelques ajustements peuvent suffire à améliorer considérablement l’efficacité d’un sprint.
« Comme le positionnement des jambes et du corps sur les premiers appuis, la réactivité sur le pied et la cheville au sol, etc. Ce sont des détails qui nous permettent d’enclencher une vitesse et de la maintenir sur 20 ou 30 mètres. »
Un ancien projet d’entraînement avec un spécialiste du sprint
L’intérêt de Teddy Thomas pour la vitesse ne date pas de son arrivée à Toulouse.
Plus jeune, il avait déjà pratiqué l’athlétisme dans le cadre scolaire et envisagé de perfectionner sa technique auprès d’un entraîneur spécialisé.
Lorsqu’il évoluait au Racing 92, il avait notamment souhaité travailler à l’Insep avec Guy Ontanon. Mais son calendrier de rugbyman professionnel et ses blessures répétées avaient empêché ce projet de se concrétiser.
L’ailier revient sur cette envie ancienne de repousser ses limites.
« J’en ai fait en UNSS (Union nationale du sport scolaire), oui. J’avais aussi émis aussi le souhait de me mettre au sprint à l’Insep auprès de Guy Ontanon (entraîneur d’athlétisme), lorsque j’étais au Racing 92. Je savais que je courais vite, et j’aurais bien aimé améliorer ma technique de course pour aller encore plus vite. Malheureusement, ça ne collait pas forcément avec mon planning rugbystique. À cette époque, j’enchaînais les matches et je me blessais beaucoup. Me rajouter ça dans les pattes aurait été compliqué. »
Aujourd’hui, Thomas n’a pas besoin d’ajouter de longues séances individuelles à son programme pour conserver son explosivité.
Le travail effectué avec le staff toulousain lui permet d’entretenir ses qualités tout en maîtrisant sa charge physique.
Il estime surtout que les exercices proposés correspondent davantage à son profil.
« Je n’en ai pas forcément. Ça se fait au fil des entraînements collectif et du travail avec Seb Carrat. En revanche, je travaille sans doute mieux qu’avant. Ici, les exercices sont plus ciblés, plus en corrélation avec le joueur, l’athlète et la personne que je suis. »
À 33 ans, Teddy Thomas démontre ainsi qu’une préparation adaptée et une meilleure connaissance de son corps peuvent permettre de conserver des qualités de vitesse exceptionnelles, même après une carrière marquée par les blessures.







