
C’est une révélation qui risque de faire parler dans le Top 14. Alors que Vannes a remporté son premier match de la saison contre Clermont (27-26), le club breton a été contraint de terminer la rencontre à quatorze joueurs à la suite d’une décision arbitrale.
Mais selon les précisions apportées par World Rugby, cette décision était incorrecte : Robin Taccola aurait parfaitement pu rester sur la pelouse.
L’incident s’est produit à une dizaine de minutes du coup de sifflet final, alors que les deux équipes se disputaient une victoire particulièrement importante.
Victime d’une commotion cérébrale, le centre fidjien Inia Tabuavou avait dû quitter le terrain. Robin Taccola était alors entré pour le remplacer, malgré l’épuisement de tous les changements autorisés du côté vannetais.
Pourquoi Vannes a été contraint de terminer à 14
Quelques secondes après l’entrée de Robin Taccola, l’arbitre Pierre Brousset lui avait demandé de quitter la pelouse. Le RC Vannes avait donc été obligé de disputer les dernières minutes en infériorité numérique.
Cette décision reposait sur une interprétation particulière du règlement relatif aux commotions cérébrales.
Le médecin du club breton avait immédiatement diagnostiqué une commotion chez Inia Tabuavou, sans juger nécessaire de lui faire passer le protocole HIA.
Le joueur avait alors été considéré comme blessé, et non comme un joueur remplacé dans le cadre d’une procédure de commotion.
Or, selon l’interprétation appliquée pendant la rencontre, Vannes ne pouvait plus effectuer de remplacement pour une blessure classique puisque tous ses changements avaient déjà été utilisés.
Mathieu Raynal, directeur de la performance des arbitres, avait expliqué cette situation dès le lendemain de la rencontre, avant de solliciter World Rugby pour obtenir une clarification officielle.
World Rugby donne raison à Vannes
Ce mardi, Mathieu Raynal a reçu une réponse de l’instance internationale.
Et celle-ci confirme que l’interprétation appliquée pendant la rencontre était erronée.
Dans un message adressé à la LNR, aux arbitres et aux clubs, Mathieu Raynal a transmis la position officielle de World Rugby via L’équipe :
« World Rugby nous a confirmé que le joueur doit bien être considéré comme commotionné, même en l’absence de réalisation du protocole HIA, dès lors que le médecin a directement établi le diagnostic ».
Autrement dit, le diagnostic immédiat d’une commotion par le médecin suffit pour appliquer les règles spécifiques de remplacement.
Il n’est donc pas obligatoire que le joueur passe effectivement le protocole HIA pour que son équipe puisse faire entrer un remplaçant, même après avoir utilisé tous ses changements.
« Oui, exactement » : Mathieu Raynal confirme l’erreur
Interrogé sur les conséquences concrètes de cette clarification, Mathieu Raynal a confirmé que Robin Taccola aurait dû être autorisé à poursuivre la rencontre.
Le responsable de l’arbitrage français a répondu sans ambiguïté :
« Oui, exactement. Un joueur qui passe par le protocole commotion de 12 minutes ou qui ne passe pas par la case protocole peut être remplacé par un joueur qui a déjà été substitué, et cela même si l’équipe a effectué tous ses changements. »
Vannes aurait donc dû terminer la rencontre à quinze joueurs, et non à quatorze. Une précision importante, même si le club breton est finalement parvenu à arracher la victoire contre Clermont malgré cette infériorité numérique.
Une clarification applicable dès la prochaine journée
Cette intervention de World Rugby aura également des conséquences pour les prochaines rencontres de Top 14.
Mathieu Raynal a demandé que cette interprétation du règlement soit désormais appliquée dès le week-end prochain.
Les arbitres et les clubs ont été informés de cette clarification afin d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise.
Un joueur diagnostiqué directement comme commotionné par le médecin pourra donc être remplacé dans les mêmes conditions qu’un joueur soumis au protocole HIA, même si son équipe a déjà effectué tous ses changements.







