
Sur le départ de Clermont à l’issue de la saison, Frédéric Charrier a livré un témoignage particulièrement fort sur les difficultés rencontrées depuis son arrivée en Auvergne.
L’entraîneur de l’attaque de l’ASM évoque une mission épuisante, marquée par des performances spectaculaires suivies de véritables naufrages. Une irrégularité qui a fini par user le technicien.
Depuis son arrivée aux côtés de Christophe Urios, Frédéric Charrier tente de participer à la reconstruction d’un club qui cherche à retrouver son statut parmi les références du Top 14. Mais après plusieurs saisons de travail, le constat reste frustrant : Clermont semble régulièrement progresser avant de retomber dans ses travers.
« On a l’impression de passer un cap, puis de revenir en arrière »
Interrogé par Midi Olympique sur une éventuelle forme d’épuisement, le technicien n’a pas cherché à masquer sa lassitude.
Frédéric Charrier reconnaît que les difficultés répétées de l’ASM ont fini par peser sur son moral :
« Bien sûr. C’est pour cela que je vous dis que j’ai aussi besoin de ce nouveau départ. Avec les joueurs, on a l’impression de passer un cap, puis de revenir en arrière, c’est usant. Et en même temps, il y a beaucoup d’attentes, parce qu’on a envie que Clermont redevienne le grand Clermont. Mais quand je regarde les photos des titres, je m’aperçois qu’à chaque poste, il y avait deux internationaux, ce n’est plus comparable. Mais effectivement, la mission est usante. »
Une comparaison révélatrice du décalage entre les ambitions historiques du club auvergnat et les moyens sportifs dont il dispose aujourd’hui.
Des performances incompréhensibles
Ce qui fatigue particulièrement Frédéric Charrier, c’est l’incapacité de Clermont à reproduire ses meilleures prestations d’une semaine à l’autre.
L’ASM a pourtant démontré qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleures formations du championnat, y compris à l’extérieur.
Mais ces exploits ont régulièrement été suivis de contre-performances difficiles à expliquer.
L’entraîneur de l’attaque a notamment rappelé plusieurs résultats qui résument, selon lui, cette irrégularité :
« Comment est-ce possible de produire un match aussi pauvre à Castres, la saison dernière, et de faire notre meilleure prestation à l’extérieur à Toulon, deux semaines plus tard ? On est allés gagner à Montpellier, Toulouse et Bordeaux-Bègles, mais on a pris quarante points à domicile contre le Racing, sur le match le plus important de notre saison. C’est très fatigant. »
Des résultats contradictoires qui empêchent Clermont de construire une dynamique durable.
« Tout le monde se faisait ch*er »
Le constat devient encore plus sévère lorsque Frédéric Charrier évoque le jeu offensif de son équipe.
Capable d’inscrire 50 points contre Pau ou 60 contre Castres, l’ASM peut également traverser des rencontres sans parvenir à produire le moindre contenu satisfaisant.
Le technicien décrit une équipe dont la confiance et les automatismes peuvent disparaître en seulement quelques rencontres :
« Ce que je me dis, c’est qu’on est capable de faire de grandes choses. Comme l’année dernière : 50 points face à Pau, 60 points contre Castres… De grandes performances. Et puis à côté de cela, la machine s’enraye et il n’y a plus rien. L’équilibre est fragile, avec un effectif limité, des blessés. Je me rappelle d’une interview de Thomas Ceyte en février 2026, qui disait : « on se régale dans le jeu ». Et après, au bout de deux matchs ratés, la machine s’enrayait, il n’y avait plus rien, et puis tout le monde se faisait chier, les supporters, les joueurs, et nous, le staff, sur le bord du terrain. C’est terrible. »
Un témoignage particulièrement révélateur de la frustration accumulée par le staff clermontois.
Une reconstruction plus longue que prévu
Pour Frédéric Charrier, les difficultés actuelles de Clermont s’expliquent aussi par la profonde transformation du club depuis la fin de sa période dorée.
L’ASM ne dispose plus de la même densité d’internationaux qu’au cours des années où elle figurait régulièrement parmi les prétendants au titre.
Le technicien estime que cette reconstruction demande du temps et que les attentes restent particulièrement élevées.
Il rappelle notamment le contexte dans lequel le staff avait pris ses fonctions :
« Le projet n’a pas été simple, cela fait quatre ans qu’on est sur le devant de la scène avec le staff, vous connaissez le contexte à Clermont. Il y a eu une période dorée de l’ASM de 2010 jusqu’aux années 2020, où le club faisait partie des références du Top 14. Et cette génération-là, petit à petit, est partie. Et aujourd’hui, il faut reconstruire un nouveau groupe. Sachant que nous, quand on est arrivés, il y avait un contexte économique très difficile. Donc, on ne pouvait pas faire ce qu’on voulait.
Maintenant, c’est sûr que Joe El Abd va arriver avec une autre énergie. Les personnes qui vont rentrer dans le staff vont amener un nouvel élan. C’est bien pour le groupe qui se met en place, qui se construit petit à petit. C’est long, ce n’est pas facile. Je sais que l’attente est forte, mais cela prend du temps »







