
Christophe Urios a retrouvé le sourire. Après quatre défaites consécutives, l’ASM Clermont Auvergne a renoué avec la victoire en dominant le Racing 92 (37-30), ce samedi au stade Marcel-Michelin. Un succès particulièrement important pour le manager auvergnat, qui a salué l’engagement de ses joueurs et la prestation de ses leaders, tout en répondant fermement aux critiques adressées à son équipe ces dernières semaines.
Au coup de sifflet final, l’émotion était palpable chez les Clermontois. Baptiste Jauneau a notamment fondu en larmes, symbole de la pression qui pesait sur le groupe. De son côté, Christophe Urios n’a pas caché son bonheur, allant jusqu’à qualifier cette rencontre de plus belle victoire depuis son arrivée à l’ASM.
« C’est ma plus belle victoire ici »
Interrogé par Midi Olympique sur son soulagement après ce succès, Christophe Urios a immédiatement tenu à préciser son sentiment.
Le manager clermontois a répondu simplement :
« C’est de la joie. »
Questionné ensuite sur les larmes de Baptiste Jauneau, il a préféré répondre avec humour :
« Oui, c’était Noël aujourd’hui. »
Mais derrière ces quelques mots se cache une satisfaction beaucoup plus profonde.
Christophe Urios estime que ses joueurs ont répondu à une pression considérable, notamment grâce à l’investissement de leurs cadres. Il ne manque pas de régler ses comptes avec ceux qui se permettent de critiquer l’ASM :
« C’est pareil, ce sont les mêmes matchs. Aujourd’hui, on se fait cracher dessus, mais si on rajoute six points, on serait troisième. À un moment donné, il faut se calmer. Aujourd’hui, j’ai apprécié l’engagement, malgré la pression qui était terrible. Mais c’est comme cela, évidemment. J’ai apprécié les leaders. Les leaders ont fait un énorme match et ont conduit le match parfaitement. Dans ce sens, c’est de la joie. Je suis content. C’est ma plus belle victoire ici. »
Il a ensuite expliqué pourquoi ce succès occupait une place particulière à ses yeux :
« Parce qu’il y avait une pression qui était terrible contre un adversaire qui est redoutable et qu’on n’arrive pas à battre. Et aujourd’hui, on les gagne 37-30, ils prennent 0 points et on a 3 essais refusés, ce n’est pas mal non ? »
« Je ne suis pas inquiet »
Malgré la série de quatre défaites qui avait précédé cette rencontre, Christophe Urios assure ne jamais avoir douté de son groupe.
Le technicien insiste sur la qualité de son travail quotidien avec les joueurs et sur la confiance qu’il leur accorde.
Il a notamment tenu à défendre son effectif face aux critiques qui ont accompagné les derniers résultats :
« Encore une fois, je suis au quotidien avec eux. Cela fait ma quatrième saison. C’est la première année où je suis le plus aligné avec mon groupe, et c’est l’année où on se fait ch*er sur le départ. Donc, je n’attendais pas de réponse. Je savais qu’ils allaient répondre présent. Donc, j’ai aimé l’état d’esprit, la mentalité. Mais bon, vous le savez. Il n’y a pas de réponse. Je n’étais pas inquiet. Je ne suis pas inquiet. Franchement, je ne suis pas inquiet. Après le match de Vannes, on s’est fait cracher dessus, franchement. On l’a mal contrôlé, oui, on a mal fini des coups, mais on est l’équipe qui a peut-être marqué le plus de points contre Vannes, avec Pau, mais Pau, à la fin, ils peuvent perdre le match ! »
Une manière de rappeler que les prestations de Clermont ne se résument pas uniquement aux résultats comptables.
Trois essais refusés et une rencontre hachée
La rencontre contre le Racing 92 a également été marquée par plusieurs interventions de l’arbitrage vidéo.
Trois essais clermontois ont notamment été refusés, une situation qui aurait pu peser lourd dans un match finalement remporté de sept points.
Christophe Urios reconnaît que ces interruptions ont perturbé le déroulement de la rencontre, particulièrement pour son équipe :
« Oui, cela a haché le match. Puis surtout, cela nous a impacté à nous. Puisqu’on a quand même trois essais refusés. Mais on s’en est bien sortis. Ce soir, on est contents, vraiment. »
« Ils nous avaient détruit mentalement »
Au-delà du résultat, Christophe Urios a également insisté sur les progrès réalisés par son équipe dans la préparation mentale de ce rendez-vous.
La saison dernière, le Racing 92 avait imposé sa puissance et considérablement perturbé les Clermontois.
Cette fois, le staff auvergnat avait préparé un plan de jeu destiné à varier les attaques et à empêcher les Franciliens de verrouiller la rencontre.
Le manager de l’ASM a longuement détaillé les différences entre les deux confrontations, tout en rendant hommage à ses leaders :
« Il fallait arriver à mettre de la vitesse, alterner le jeu, trouver la première ligne d’attaque, la deuxième ligne d’attaque, jouer au pied. Trouver cette alternance pour les affoler. Parce que s’ils cadenassent le match, comme ils l’avaient fait l’année dernière, c’est difficile. Mais la saison passée, ils nous avaient détruit mentalement. Plus que physiquement finalement. Parce qu’on n’était pas prêts à ce match. Là, aujourd’hui, on était prêts à ce match. Et c’est ça la différence.
L’année dernière, on pensait qu’on allait gagner. On savait que ça allait être dur, évidemment. Mais on pensait qu’on allait gagner. Par contre, aujourd’hui, on ne savait pas si on allait gagner. Donc on a tout donné, je trouvais que nos semaines étaient très qualitatives, encore une fois, et on a réussi à jouer notre rugby, même s’il y a des imperfections encore, mais on marque quatre essais, ce n’est pas mal, contre une équipe qui n’est pas facile à jouer encore une fois, et qui avait tout à gagner finalement. Donc, oui, je suis content de mes joueurs, je suis content de mes leaders. Les leaders ont été très très bons. Franchement, on a des leaders, ce sont des jeunes mecs, ils apprennent tous les jours, mais franchement, ils passent devant. Chapeau. »







