
Christophe Urios commence sérieusement à s’interroger sur les méthodes de préparation de l’ASM Clermont. Après la nouvelle défaite concédée samedi sur la pelouse du Stade Toulousain (28-18), le manager auvergnat a reconnu que la multiplication des blessures dans son effectif pouvait être liée à une mauvaise gestion des charges de travail. Une remise en question qui pourrait entraîner des changements dès la reprise du championnat.
Avec seulement trois victoires en dix rencontres, Clermont traverse un début de saison particulièrement compliqué. Samedi, pas moins de 19 joueurs manquaient à l’appel entre les blessures et les sélections internationales. Une situation qui pèse lourdement sur les résultats de l’ASM, désormais battue à sept reprises depuis le début de cet exercice.
« Je ne crois pas à la malchance »
Christophe Urios reconnaît dans les colonnes de La Montagne que son groupe arrive épuisé à cette première coupure de la saison.
« La trêve va faire du bien à tout le monde. Parce qu’on est tous un peu épuisés par notre début de championnat qui n’est pas bon, qui ne nous plaît pas, qui n’est pas conforme à ce qu’on avait imaginé. »
Les Auvergnats vont bénéficier de dix jours de repos avant de préparer notamment la réception du Rugby Club Toulonnais, programmée le dimanche 29 novembre à 21h05.
Mais le manager clermontois entend surtout profiter de cette pause pour analyser les raisons des nombreuses blessures qui touchent son effectif.
Il révèle notamment l’ampleur des dégâts physiques enregistrés depuis le début de saison.
« Il y a beaucoup de blessés devant. Nous, par exemple, on a beaucoup de joueurs qui se fracturent, qui se fracassent. On a eu six opérés depuis le début de la saison, avec de grosses blessures, notamment sur les membres inférieurs »
Des entraînements trop exigeants ?
Pour Christophe Urios, le retour à la règle des huit changements pourrait notamment expliquer l’augmentation du temps de jeu de certains joueurs.
Le technicien souligne que les avants sont désormais davantage sollicités pendant les rencontres.
« Avec le retour à la règle des huit changements – c’est moins vrai en première ligne parce qu’on peut toujours coacher – en deuxième ou troisième ligne, on a constaté que les joueurs avaient beaucoup plus de temps de jeu que la saison dernière. Avant, c’était plus facile de gérer. Même si les gars enchaînaient trois matchs, des fois ils ne jouaient que 60 minutes. Ce n’est pas pareil qu’en jouer 80 ! »
Cette évolution pourrait obliger le staff clermontois à revoir sa manière de préparer les rencontres.
Christophe Urios admet notamment que les charges d’entraînement n’ont peut-être pas été suffisamment adaptées aux nouvelles exigences du championnat.
« Nos semaines ne sont peut-être pas adaptées. On a gardé un peu le même rythme que l’année dernière. Je ne crois pas à la malchance. Peut-être qu’on n’a pas assez anticipé ces changements et qu’on s’est trompé justement, en se disant qu’il fallait faire encore plus pour que les gars tiennent 80 minutes. »
« Si on blesse autant de joueurs, c’est qu’il y a un problème quelque part »
La situation devient d’autant plus préoccupante que les blessures obligent Clermont à solliciter régulièrement les mêmes joueurs, augmentant potentiellement leur fatigue.
Christophe Urios décrit un véritable cercle vicieux dont son équipe peine à sortir.
« Mais c’est le serpent qui se mord la queue, parce qu’avec les blessures, l’enchaînement des matchs, la pression qui monte, tu tires toujours sur les mêmes… »
Le manager auvergnat ne souhaite toutefois pas tirer de conclusions définitives avant d’avoir analysé la situation avec son staff.
Il estime néanmoins qu’une réflexion collective s’impose rapidement.
« Je n’ai pas la vérité. Mais aujourd’hui, il faut qu’on se pose les bonnes questions, nous, coachs, parce qu’il n’y a pas de hasard. Si on blesse autant de joueurs, et notamment devant, c’est qu’il y a un problème quelque part. »
Reste à trouver le bon équilibre pour Clermont. Car un autre constat complique la réflexion du staff : cette saison, l’ASM a perdu chacune de ses rencontres disputées après une semaine d’entraînement allégée.
À l’approche de la réception de Toulon, Christophe Urios devra donc déterminer comment préserver ses joueurs sans compromettre leur préparation physique et leur compétitivité.







