La nouvelle composition des poules de Nationale 2 a provoqué un séisme dans le rugby amateur du Sud-Ouest. Après l’annonce de la Fédération française de rugby ce jeudi 3 juillet, les clubs d’Auch, Fleurance et Lannemezan dénoncent avec force leur affectation dans la poule Est, synonyme de déplacements lointains et de charges financières colossales.
Une décision vécue comme une trahison
Rien ne laissait présager une telle tempête, et pourtant, la réaction a été immédiate. Par la voix d’un communiqué commun, les présidents des trois formations expriment une colère rare dans le paysage rugbystique. « C’est avec une profonde indignation et une vive inquiétude que nous […] prenons aujourd’hui la parole », lancent-ils, fustigeant une décision « arbitraire et inique ».
Ce qui est en jeu dépasse largement la question géographique : c’est la survie des clubs qui est menacée. Avec des déplacements imposés dans l’Est de la France, les dirigeants estiment que « les coûts de transport et d’hébergement sont estimés entre 180 000 et 220 000 euros pour nos équipes premières et espoirs », mettant clairement en danger leur stabilité économique.
Des tribunes vides, des territoires oubliés
Le préjudice n’est pas seulement financier. Sur le plan sportif et humain, le déséquilibre est flagrant. « Des stades vides lors des réceptions, privés de l’engouement populaire », regrettent les clubs, qui voient aussi leurs supporters abandonnés face à des trajets impossibles à assumer. « En raison de distances et de frais insurmontables », ces derniers ne pourront plus suivre leur équipe, créant un vide qui affecte toute la dynamique locale.
Une méthode jugée méprisante
Au-delà du fond, c’est aussi la forme qui scandalise. La communication tardive des décisions aggrave le malaise. « La diffusion aussi tardive de la composition des poules […] et l’annonce du calendrier seulement à la fin juillet, constituent un mépris flagrant envers les clubs », accusent les dirigeants. Ils pointent une « gestion chaotique » et dénoncent des conditions « intolérables » pour organiser une saison.
Des soupçons sur les coulisses de la décision
Enfin, dans leur déclaration commune, les clubs du Sud-Ouest réclament des comptes. Ils exigent des « explications claires et transparentes » et s’interrogent sur de possibles pratiques opaques : « copinage », « passe-droits », les mots sont lâchés. Et la conclusion ne laisse place à aucune ambiguïté : « Le rugby mérite mieux. Nos territoires méritent mieux. Nous n’accepterons jamais que nos clubs soient ainsi sacrifiés ».
Interrogé via Midi Olympique, le président de la Fédération Française de Rugby, Florian Grill n’a pas mâché ses mots.
Il l’affirme haut et fort : si ces clubs ne sont pas capables de jouer en Nationale 2, alors ils doivent se tourner vers la Fédérale 1.
A lire ci-dessous :
“Il faut entendre que quand on joue en Nationale, on peut faire des kilomètres mais la réalité, c’est que ça pose des questions sur le championnat de Nationale 2. C’est quelque chose qui nous interroge. J’ai essayé de raisonner les clubs, parce que bon, on parle beaucoup des frais de déplacement, mais la réalité est que ce qui coûte cher en Nationale et Nationale 2, se sont surtout les rémunérations des joueurs.
Les kilomètres, ça pèse 10-15 %, éventuellement 20 % du budget des clubs, mais 80 %, ça reste la rémunération, les masses salariales. Donc la vérité, c’est qu’il faut accepter de diminuer sa masse salariale. Et puis, si on n’est pas capable de jouer en Nationale 2, il vaut mieux être en Fédérale 1.”







