
L’information, relayée par L’Équipe, fait état d’une enquête ouverte neuf mois après la mise en liquidation judiciaire du Stade Toulousain Tennis Padel, portant sur des faits possibles d’abus de biens sociaux, abus de confiance et banqueroute.
Des accusations de gestion contestée
Suite à un signalement émanant de la chambre régionale des comptes d’Occitanie, le parquet de Toulouse a lancé des investigations. Le rapport remis par la chambre évoque une « gestion personnelle et intéressée » imputée à Marc Tiersonnier, ancien président de l’association, pour la période allant de 2016 à 2024.
Au cours de cette période, celui-ci aurait perçu plus de 600 000 euros en salaires bruts ainsi que divers avantages, tels qu’une voiture de location ou des frais de déplacement, alors que les statuts de l’association ne prévoyaient aucune rémunération et qu’aucun vote formel n’avait été organisé pour valider ces versements.
Questionnements sur l’utilisation des fonds publics et privés
Les enquêteurs s’interrogent également sur l’emploi d’environ 1,5 million d’euros remis entre 2019 et 2024, comprenant 946 000 euros d’aides publiques et 548 000 euros issus de dons privés. Une « porosité financière » a été relevée entre le Stade Toulousain Tennis Padel et deux sociétés créées par Tiersonnier : Staten, chargée de l’organisation des tournois et de la gestion des terrains, ainsi que Les Raquettes, en lien avec la restauration.
Par ailleurs, une avance de trésorerie de 716 000 euros, qui n’a jamais été restituée, serait à l’origine de la faillite de l’association.
Des subventions mal attribuées et des conflits d’intérêts relevés
Certains financements publics auraient profité directement à des entités commerciales, ce qui va à l’encontre de la législation en vigueur. À titre d’exemple, en 2022, unaide municipale de 60 000 euros a été accordée à Staten. La mairie de Toulouse affirme avoir été « trompée » et étudie la possibilité d’engager une action en justice.
Des élus locaux sont également impliqués dans cette affaire. Laurence Arribagé, alors adjointe aux sports, avait négocié un partenariat de 40 000 euros pour l’Open de Toulouse, alors que son fils était membre du club, situation qui constitue un conflit d’intérêts évident.
Le Stade Toulousain rugby concerné
Par le biais de son président Didier Lacroix, le club de rugby avait acquis 10 % du capital de la société Les Raquettes en 2022. Ce dernier aurait validé les rémunérations de Marc Tiersonnier, bien que cela n’ait jamais fait l’objet d’une approbation écrite de la part d’une quelconque instance :
Les magistrats de la chambre régionale des comptes d’Occitanie notent que « les statuts de la SARL Les RAQUETTES ne comportent aucune mention relative à la possibilité de rémunérer le gérant. De surcroît, comme pour STATEN, aucune instance de gouvernance de l’association Stade Toulousain tennis n’a voté, ni même validé, par écrit, la rémunération du président ».
Malgré nos sollicitations via L’Équipe, Didier Lacroix n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.
Une nouvelle direction depuis 2024
À la suite de la liquidation judiciaire, les activités ont été reprises par une nouvelle association sous la présidence de Jean-Christophe Maurette. La gestion du restaurant est désormais assurée par le Stade Toulousain rugby, tandis que les terrains de padel ont été confiés à la société Casa Padel.
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