L’ancien demi de mêlée du XV de France, Dimitri Yachvili, s’est exprimé dans les colonnes de **Sud-Ouest** sur la situation actuelle de la Champions Cup, pointant du doigt certaines dérives inquiétantes.
Interrogé sur la compétition européenne, Yachvili déplore notamment que certains clubs « qui pataugent un peu dans leur championnat » fassent le choix regrettable de « sacrifier » la Champions Cup. Un constat amer pour celui qui a participé à cette épreuve pendant une quinzaine d’années, quand « tout le monde se battait pour jouer » et que la compétition, mieux placée dans le calendrier avant la tournée de novembre, offrait « des matchs de haut niveau » propices à se montrer.
L’ancien international souligne aussi une évolution du jeu. Le système de bonus offensif, incitant désormais les équipes à renoncer aux pénalités pour tenter des stratégies plus risquées et spectaculaires, a fait grimper le nombre d’essais, en Champions Cup comme en Top 14.
Mais, selon lui, l’attrait de la compétition s’est amoindri : « Poser la question apporte déjà un élément de réponse. On est un sport très traditionaliste. Dès que ça change un peu, on est perturbés. J’étais plutôt positif sur l’arrivée des franchises sud-africaines (2022), mais plus les saisons avancent, moins ils performent. » Il regrette que la saison dernière, aucune équipe sud-africaine n’ait atteint la phase finale, soulignant également que l’ajout d’une rencontre des Springboks au Pays de Galles, une semaine avant le coup d’envoi de la Coupe d’Europe, a pénalisé leur préparation.
Pour Dimitri Yachvili, la Champions Cup reste un trophée disputé, « quatre, cinq voire six équipes » pouvant encore légitimement prétendre à la victoire. Mais elle peine à retrouver l’excitation et la ferveur qui la caractérisaient il y a quelques années, entre calendrier compliqué, équipes opportunistes et changements mal digérés.







