Le manager du Stade Toulousain, Ugo Mola, revient avec une rare émotion sur un drame personnel qui a profondément marqué sa vie et sa carrière. Dans une interview accordée au magazine *Tampon*, il raconte la perte tragique de sa sœur cadette, Ingrid, décédée dans un accident de la route en 2001, un événement qui mêle douleur, culpabilité et reconstruction.
À l’époque, Ugo Mola évolue au Castres Olympique et décide de s’installer dans le Tarn pour s’impliquer davantage dans son club. « À ce moment-là, plus d’une dizaine de joueurs, dont moi, habitait à Toulouse et on faisait les allers-retours à Castres », explique-t-il. Sa sœur Ingrid, alors âgée de 26 ans et récemment embauchée chez Gerblé à Revel, lui rend fréquemment visite. « Ma sœur vient de finir son DESS de droit de la communication et trouve un job chez Gerblé, à Revel. […] Donc elle vient me retrouver souvent. »
Le destin bascule un soir tragique. « Et un soir », raconte Ugo Mola, « plutôt que de rentrer de Revel à Toulouse, elle passe à Castres parce qu’elle a oublié un truc, et elle se tue ensuite entre Castres et Toulouse. Parce que je suis allé vivre à Castres. Du coup je me suis cassé, je suis reparti vivre à Toulouse. »
Ce drame intime a profondément sensibilisé Ugo Mola aux risques liés à ce trajet routier. « Quand on fait la route tous les jours on prend conscience de la dangerosité de ce trajet », témoigne-t-il. Depuis, il milite pour améliorer la sécurité sur cet axe : « Ma famille et moi, on a payé le prix fort et la sécurité me semble un argument irréfutable pour réaliser une meilleure liaison entre Castres et Toulouse. »
À seulement 28 ans, ce décès brutal pousse Ugo Mola à une remise en question profonde. « Quand ma sœur se tue sur la route, je n’ai pas encore 28 ans », confie-t-il. « Et je me dis que la vie, je l’ai brûlée un peu par les deux bouts, un peu exagéré, que j’ai fait un peu le tour… […] Donc je change de vie, j’ai besoin de me poser, de faire les choses un peu plus correctement. »
Malgré une sollicitation du Stade Français, il choisit de rester fidèle au club tarnais et à son président. « Quand ma sœur se tue, j’ai un coup de téléphone de Pierre Fabre qui me dit : ‘Si tu as besoin de quoi que ce soit, on est là.’ Comme je tombe sur des gens profondément réglos, il me semble que la moindre des choses, c’est de l’être tout autant. »
Aujourd’hui à la tête du Stade Toulousain, Ugo Mola poursuit son parcours dans le rugby d’élite, porté par une exigence née de ce tragique dimanche de mars 2001.







