Le projet de fusion entre l’AS Béziers Hérault (ASBH) et Montpellier Hérault Rugby (MHR) refait surface, ravivant un débat aussi passionnel qu’intrigant dans le département de l’Hérault.
Sur le papier, allier la tradition biterroise, riche de ses onze titres, à la puissance financière du groupe Altrad, propriétaire du MHR, pourrait constituer un « super-club » capable de peser sur la scène nationale. Selon Midi Libre, des discussions auraient même eu lieu en coulisses, notamment en raison de la situation sportive délicate de Béziers, avant-dernier de Pro D2, et des difficultés logistiques rencontrées par Montpellier au sein de sa métropole.
Le concept envisagé serait une alliance structurelle forte, avec notamment un nouveau stade situé à mi-chemin entre Béziers et Montpellier. À l’image de l’Union Bordeaux-Bègles, il s’agirait de créer une équipe professionnelle commune, tout en conservant des écoles de rugby distinctes pour préserver les identités locales.
Pourtant, derrière ces spéculations, la réaction des principaux intéressés a été rapide et tranchée. Saul Loggenberg, directeur général de l’ASBH, a qualifié le projet de « n’importe quoi ». Robert Ménard, maire de Béziers, a lui-même balayé toute idée d’union : « On en a discuté à un moment donné, il y a deux ans, mais ce n’est jamais allé plus loin qu’une discussion de bistro. Il n’y a rien du tout, c’est un fantasme. À Béziers, c’est inenvisageable ».
Du côté montpelliérain, Mohed Altrad se montre plus prudent, sans fermer totalement la porte à une « coopération » moins radicale : « J’ai entendu ça, mais un club ne peut pas absorber un autre comme ça. Ça n’a jamais été une réflexion, ce sont des gens qui spéculent, qui extrapolent des paroles. Qu’il y ait une coopération, oui, mais il faut voir la faisabilité, les tenants et les aboutissants. »
Ce rejet clair rappelle les traumatismes des tentatives de fusion dans le rugby français, notamment l’échec retentissant en 2017 de la fusion entre le Stade Français et le Racing 92, qui avait déclenché une grève des joueurs et une fronde des supporters.
En définitive, la fusion entre Montpellier et Béziers reste un fantasme aujourd’hui hors de portée. La réalité historique et passionnelle des deux clubs demeure un obstacle majeur, plaçant ce projet, pour l’heure, dans le domaine des discussions de comptoir.







