Ancien arbitre du Top 14, Laurent Cardona a pris la parole sur ses réseaux sociaux pour revenir en détail sur les polémiques arbitrales qui ont animé le quart de finale de Champions Cup entre l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) et le Stade Toulousain.
Dans une vidéo explicative, il décortique trois décisions qui ont suscité de vives réactions.
La première concerne une action où Romain Ntamack a fait chuter Louis Bielle-Biarrey en pleine course. Selon Cardona : « Jefferson Poirot gratte un ballon, le donne à Maxime Lucu et le demi-de-mêlée tape dans le champ profond car les flèches bordelaises courent extrêmement vite. Louis Bielle-Biarrey atomise en terme de vitesse Kalvin Gourgues et Romain Ntamack. Il les fume totalement ! Et d’un seul coup, il s’écroule. On voit que Louis Bielle-Biarrey tape dans le pied de Romain Ntamack et c’est ce qui le fait chuter à pleine vitesse. Le moindre déséquilibre vous fait forcément tomber. »
L’ancien arbitre souligne que « tout cela est passé inaperçu aux yeux des arbitres et aux yeux des commentateurs Matthieu Lartot et Dimitri Yachvili ». Il conclut que, même si le geste de Ntamack semble involontaire, la question reste de savoir si ce geste méritait pénalité ou sanction : « Je pense que c’était involontaire et qu’il n’y avait pas d’intentionnalité de la part de Romain Ntamack de faire tomber Louis Bielle-Biarrey. Mais, même si ce n’est pas intentionnel, est-ce qu’il fallait pénaliser ce geste ? »
Laurent Cardona se penche également sur l’essai contesté de Matthieu Jalibert, sujet à débat en raison d’une possible faute d’Arthur Retière sur Matthis Lebel. Il analyse : « Sur l’essai de Matthieu Jalibert, est-ce que Arthur Retière pousse dans le dos Matthis Lebel ou est-ce qu’il s’agit juste d’un contact épaule contre épaule ? On voit que Mathis Lebel est en avance sur Arthur Retière, Retière veut lutter au ballon et Lebel tombe en étant poussé de l’épaule par Retière. Très sincèrement, cette situation a déjà été reproduite plusieurs fois dans plusieurs matches et on a vraiment l’impression que les deux joueurs luttent épaule contre épaule pour aller au ballon. C’est Mathis Lebel qui tombe ici, ce qui permet à Jalibert de pouvoir marquer son essai. Je sais que les avis vont diverger dans cette situation. »
Enfin, Cardona examine la validité de l’essai du pilier bordelais Ben Tameifuna, critiqué pour un possible défaut d’aplatissage. Il détaille : « Le cas numéro trois est de savoir si Ben Tameifuna a bien aplati le ballon malgré l’intervention de Chocobares. Si on reprend les images, quand Ben Tameifuna rentre dans l’en-but, on regarde l’emplacement de l’arbitre. Il est en arrière de la situation et je ne pense pas que son angle de vue lui permette de bien voir si Ben Tameifuna a aplati. Les images proposées ne nous permettent pas de savoir si oui ou non Ben Tameifuna a aplati, même si je reconnais que la balance penche plutôt du côté qu’il n’aurait pas aplati grâce à l’intervention de Chocobares. »
Il précise néanmoins que, malgré tout, la décision initiale aurait été maintenue : « Mais comme l’arbitre a validé l’essai sans aucune hésitation et qu’il a ensuite demandé la vidéo, sa question aurait été très certainement : décision terrain essai, donne moi une image qui montre clairement que le ballon n’a pas été aplati au sol. Sur les images proposées, aucune image ne montre clairement que le ballon n’est pas aplati car le ballon est caché par les autres joueurs. On peut présumer et deviner que l’intervention de Chocobares est bonne, mais un seul centimètre du ballon permet d’aplatir. Le ballon est assez gros et une seule main ne suffit pas pour couvrir totalement le ballon. Donc très honnêtement, je ne suis pas sûr que Ben Tameifuna ait aplati. Mais si l’arbitre était monté à la vidéo, il aurait tout de même accordé l’essai car le TMO n’aurait pas pu invalider sa décision prise sur le terrain. »
À travers cette analyse précise, Laurent Cardona apporte un éclairage expert sur trois décisions clé qui ont marqué le quart de finale, soulignant la complexité des arbitres face à des situations souvent litigieuses et rapides.







