L’ascension de Domingo Miotti au Montpellier Hérault Rugby (MHR) tient presque du miracle sportif. Recruté l’été dernier en provenance d’Oyonnax, l’ouvreur argentin, initialement considéré comme une « erreur de recrutement », est désormais le maître à jouer d’une équipe solidement installée à la troisième place du Top 14. Cette métamorphose a culminé avec une prolongation de contrat jusqu’en 2028.
Arrivé en 2024, Miotti avait connu une première saison cauchemardesque, limitée à seulement cinq matchs et marquée par une option de contrat levée par ses dirigeants. Dans une interview accordée à L’Équipe, il confie : « C’était la pire saison de ma carrière. C’était compliqué mais je le vois aujourd’hui comme une saison d’apprentissage. J’ai rencontré les difficultés d’une carrière de haut niveau, à la fois physiques et mentales et je m’en suis servi ensuite pour travailler et essayer de progresser. Soit je le vivais mal et je reculais. Soit j’affrontais les choses et je me posais les bonnes questions. »
Ces difficultés étaient en partie liées à des blessures récurrentes, notamment au genou droit atteint d’arthrose, un mal qui le suit depuis son passage à Glasgow (2021-2023). « Il est comme ça depuis quatre ans, depuis que je jouais à Glasgow. Ça m’a gêné en début de saison dernière mais après, c’était nickel. Les blessures, c’était ailleurs. Aujourd’hui, je n’ai aucune douleur, les médecins m’ont toujours rassuré là-dessus et je me dis souvent que c’est impossible pour un joueur de rugby d’être à 100 %. Il n’y a rien d’inquiétant. Physiquement, tout allait bien à la fin de la saison, mais mentalement… »
C’est loin de Montpellier, en Argentine, lors de son mariage à Tucuman que le déclic s’est produit. Entre parties de golf et lancement de sa propre marque de vêtements, Miotti a su se reconstruire mentalement. « Il fallait digérer cette saison, ce n’était pas facile mais j’ai beaucoup réfléchi à la suite. Le mental, c’était 90 % de la solution selon moi donc j’ai voulu changer d’état d’esprit. » Il avoue également avoir envisagé de quitter le MHR : « Oui et non… Mais je me suis posé en Argentine avec la famille, les amis et je me suis remis au travail là-bas en me disant finalement que l’objectif c’était de faire une grosse pré-saison avec Montpellier. »
Propulsé titulaire dès la deuxième journée après le départ d’Hugo Reus et les pépins physiques de Stuart Hogg, Miotti a pleinement saisi sa chance. Son manager Joan Caudullo souligne son apport : « C’est un numéro 10 qui joue à son rythme. C’est parfois difficile à appréhender quand vous êtes entraîneur mais il fait plus que bien. Il amène les joueurs avec lui dans ce qu’on veut proposer offensivement. Et puis, c’est un sacré buteur. C’est important car on a perdu pas mal de matches là-dessus la saison dernière. »
De son côté, Miotti revient sur cette réussite : « J’ai eu une opportunité à saisir en début de saison et je l’ai saisie. Il a fallu être patient mais je me suis accroché pour ne pas trop penser au passé, vivre dans le présent et ça a payé. Je me suis senti plus à l’aise, l’équipe a progressé aussi et aujourd’hui, on prend tous du plaisir. »
Fort de ce renouveau, l’ouvreur de 26 ans envisage désormais un retour en sélection argentine, les Pumas, dont il compte déjà neuf capes à son actif. Un retour en force qui confirme, contre toute attente, que la foi en soi et la combativité peuvent transformer une carrière.







