Le volcan auvergnat s’est réveillé au meilleur moment. En renversant le Stade Toulousain (24-27) après un retard de 21 points, l’ASM Clermont Auvergne a signé l’un des exploits majeurs de cette saison de Top 14.
Pour Christophe Urios, cette victoire dépasse le simple cadre comptable : « c’est le triomphe d’un état d’esprit retrouvé » et la fin d’une longue disette personnelle face à l’ogre rouge et noir.
### Un mental d’acier après un départ cauchemardesque
Alors que beaucoup d’équipes auraient sombré après avoir encaissé trois essais en dix minutes, les Clermontois ont fait preuve d’une résilience hors norme. Leur manager attribue ce retournement de situation à une capacité rare à rester dans le combat.
« On a fait un match courageux, cohérent. On était menés 21-0 après dix minutes de jeu, mais on était là, on tapait fort. On n’a pas lâché. Parfois, ça nous arrive de lâcher la corde, mais là, on l’a gardée tout le match. Aujourd’hui, on a respecté notre contrat, le club, tout le monde. Je trouve qu’on avait beaucoup de fraîcheur. C’est vrai que les Toulousains sont peut-être sortis de leur match à 21-0, alors que nous, on a réussi à revenir et après on ne les a pas lâchés. Sur la pression, sur l’efficacité, on a été assez incroyable en seconde période », explique Urios.
### La fin d’une malédiction personnelle
Cette victoire au Stadium a également une saveur toute particulière pour le technicien. S’il avait toujours fait de Toulouse sa victime favorite durant ses années à Castres, il n’avait plus remporté de succès face au club de la Ville Rose depuis fort longtemps.
« Toulouse, depuis que je suis à Clermont, je ne l’avais jamais battu. Je l’ai beaucoup battu quand j’étais à Castres, chez nous, chez eux. J’ai même gagné un quart de finale chez eux. À Bordeaux, je l’ai battu au début mais moins à la fin, pour ne pas dire pas du tout. Il y a donc très longtemps que je ne l’avais pas battu. Mais ce n’est pas la plus belle victoire. La plus belle, sur un plan purement rugby, c’est celle de Toulon ou contre Montpellier cette saison. Mais sur le plan émotionnel, et de par le contexte du match, celle-là va beaucoup compter », confie Urios.
### Le Top 6 en ligne de mire
Grâce à ce retournement historique, l’ASM se relance totalement dans la course aux phases finales, effaçant les doutes nés d’une défaite cruelle face à Montpellier quelques semaines auparavant.
« Mais ce n’est pas la fin du monde, il reste quatre matches, c’est très serré, ça se jouera probablement à un point comme tous les ans. La défaite contre Montpellier, il y a quelques semaines, nous avait mis en difficulté parce qu’elle était cruelle, pas méritée, et on a réussi à se remettre sur les rails. C’est une preuve de bon état d’esprit, de bonne mentalité, de croyance dans ce qu’on fait. Ce soir, c’est la victoire du club, d’un projet et surtout des leaders que j’ai trouvés très, très bons dans l’approche et le contenu du match. On était en difficulté dans le top 6 avant le début du match et là, maintenant, on n’est pas éliminés », précise le manager.
Clermont a prouvé qu’il possédait toutes les ressources et le caractère nécessaires. En étant « malin dans les rucks » et intraitable au plaquage, l’ASM envoie un message fort à ses concurrents : le sprint final ne se fera pas sans les Jaune et Bleu.







