Le président du Stade Toulousain, Didier Lacroix, a choisi un moment particulièrement délicat pour s’exprimer publiquement. Alors que son club est pris dans la tourmente de nombreuses controverses liées au salary cap, aux contrats d’image et à un supposé manque de transparence, le dirigeant a décidé de lever le voile, sans détour ni langue de bois.
Dans un entretien inédit accordé au Midi Olympique ce jeudi soir, Lacroix a minutieusement déroulé sa version des faits, loin des communications classiques et formatées, offrant une longue mise au point où il répond point par point aux accusations qui pèsent sur le club.
Rapidement, le ton est monté, le président corrigeant ce qu’il qualifie d’« accumulation de contre-vérités, parfois reprises sans nuance. »
« Le Stade toulousain gagne parce qu’il outrepasse le plafond du salary cap ? C’est faux. Récidiviste depuis l’affaire Kolbe ? C’est aussi faux : on parle d’un manque de transparence dans la transmission de deux mails, à décharges qui ont été fournis par nous en commission et qui corroboraient l’absence d’infraction, mais qu’on nous a reproché de ne pas avoir fournis plus tôt. La condamnation dans l’affaire Jaminet pour franchissement du salary cap ? C’est faux, nous n’avons accepté de sanction qu’au titre d’un manquement au devoir de transparence. »
Il balaie également d’autres critiques : « Que le groupe 3S était une partie associée en 2021-2022 et 2022-2023 : c’est faux, il n’était pas partenaire. Qu’Anthony Jelonch n’aurait rien fait pour le groupe 3S ? C’est encore faux, et nous en avons un certain nombre de preuves. Que le Stade toulousain aurait dissimulé à la LNR le contrat d’Antoine Dupont avec le groupe 3S : c’est faux. Que le Stade toulousain aurait reconnu sa faute à cet égard dans le cadre d’une médiation : c’est faux. »
Il réfute aussi l’existence de sanctions financières : « Que le Stade toulousain aurait accepté, à raison de ce manquement, une amende de 200 000 euros : c’est faux. Que nos arguments contre certaines dispositions du salary cap auraient déjà été énoncés par d’autres clubs : c’est faux, ou pas sous le même angle. Que nos arguments contre le salary cap auraient déjà été jugés par le Conseil d’État : c’est faux. Que l’adoption des demandes du Stade toulousain faciliterait les fraudes : c’est faux, et nous proposons les solutions pour l’éviter. Enfin, que le Stade toulousain veut mettre fin au salary cap : c’est archi faux. »
Cette déclaration dense révèle à quel point la question est sensible en interne et combien le club souhaite clarifier sa position.
Au-delà du fond, le calendrier de cette prise de parole est stratégique. Toulouse traverse une période trouble, mêlant dossiers extra-sportifs délicats et performances sportives en demi-teinte. Le club, habitué à briller sur le terrain, se retrouve désormais exposé pour des raisons extra-sportives. Conscient que l’image du Stade Toulousain est en jeu, Didier Lacroix estime indispensable de reprendre la parole.
Son objectif est double : défendre le club face aux accusations, mais aussi reprendre le contrôle du récit médiatique.
En abordant chaque point soulevé, le président espère clore certaines polémiques. Néanmoins, cette sortie pourrait paradoxalement rouvrir le débat, tant les enjeux restent cruciaux pour l’avenir du club.







