Un an après le drame, l’émotion demeure vive au sein du Castres Olympique. Julien Dumora revient sur ces instants terribles et les jours qui ont suivi le décès de Joaia Raisuqe, dans un récit marqué par le choc, la culpabilité et la nécessité d’avancer.
**Une scène irréelle**
Pour RMC Sport, Julien Dumora raconte le moment précis où tout a basculé :
« Quand je suis arrivé, l’accident venait de se passer 15 ou 20 secondes avant. Sur le moment, je n’ai pas trop compris. Je me suis arrêté sur le bord. J’ai compris qu’il y avait eu un accident entre une voiture et le train, mais je ne savais pas encore que c’était Josh. J’étais avec Antoine Tichit. Il m’a parlé de ce moment et c’était une scène lunaire. Je n’aurai jamais pensé que l’on pouvait vivre un tel moment avec un coéquipier. On a cherché le véhicule et les pompiers sont arrivés. »
Un choc immédiat, difficile à appréhender sur le moment.
**Un traumatisme profond**
Très vite, Julien Dumora a ressenti le besoin de s’exprimer :
« J’ai pu discuter avec une psychologue des pompiers le jour du drame. J’en ai beaucoup parlé avec ma famille, ma femme, j’avais besoin d’en parler pour accepter ce moment et pour penser à autre chose. C’est un moment qui restera dans ma tête à vie. »
Le traumatisme reste ancré durablement.
**La culpabilité, puis l’acceptation**
Comme souvent dans ce type de situation, les questions ont été nombreuses :
« J’ai essayé de me refaire l’histoire mais comment comprendre ? C’est difficile forcément. Je me suis refait l’histoire beaucoup de fois, comment j’aurai pu faire différemment… C’est beaucoup de questionnement envers moi. Mais il n’y avait pas grand chose à faire. C’est toujours délicat. Josh était comme ça et c’est un véritable drame.
La culpabilité, je l’ai eue au début. J’aurai pu faire quoi ? Comment j’aurai pu l’aider malgré le fait qu’il n’y avait plus rien à faire. Un peu de culpabilité au départ. Cela a été difficile de l’appréhender et de passer outre. Mais le fait d’en discuter, ça m’a permis d’avancer et de l’estomper. »
Un cheminement intérieur long, mais nécessaire.
**Le soutien du groupe et la culture fidjienne**
Le collectif a joué un rôle essentiel pour surmonter l’épreuve :
« On a passé beaucoup de moments ensemble suite à ce drame. Il fallait se retrouver et ça a permis à chacun de se rapprocher, de se consoler. Il fallait passer des moments ensemble avec les Fidjiens aussi. Ils nous ont ouvert leurs portes de leur culture, de leur façon de faire le deuil, d’accompagner Josh. On avait besoin de ces moments de communion. On a passé des moments conviviaux avec des sourires. On chantait, tout le monde apportait à manger. Ce n’était pas triste dans leur accompagnement. C’est complètement différent de ce que l’on peut vivre nous, français, autour d’un décès. C’étaient des moments forts de vivre cela avec eux. »
Une manière différente et profondément marquante de vivre le deuil.
**Une présence qui ne disparaît pas**
Malgré le temps écoulé, le souvenir reste omniprésent :
« C’était très compliqué mais il faut avancer. Je pense à lui tout le temps. Je passe régulièrement sur l’endroit de l’accident. C’est quelqu’un qui est dans mes pensées très régulièrement. »
Un témoignage poignant qui souligne combien ce drame a profondément bouleversé tout un groupe.







