L’arbitre Benoit Rousselet au cœur d’une polémique lors de Béziers – Biarritz en Pro D2
Vendredi soir, le match de Pro D2 entre Béziers et le Biarritz Olympique a été marqué par une décision arbitrale contestée. Benoit Rousselet, l’arbitre de la rencontre, a infligé un carton jaune à l’arrière biarrot Kylian Jaminet pour l’avoir bousculé en pleine action offensive, une sanction qui suscite la controverse.
Interrogé par Midi Olympique, Benoit Rousselet a expliqué sa décision : « En fait, à chaud sur le terrain, j’ai été bousculé violemment et ça m’a projeté au sol. J’ai été un petit peu sonné. On a laissé se dérouler l’action et c’est vrai que les autres arbitres de touche et l’arbitre vidéo ont voulu qu’on contrôle l’action pour voir ce que ça donnait parce que la situation était quand même surprenante. Il s’avère que mon premier ressenti, c’est qu’il y avait une option de jeu possible vers moi, mais je trouvais que le joueur était assez en retard et avait la capacité de s’arrêter ou du moins de mieux maîtriser son geste. »
L’arbitre rappelle la règle qui interdit tout contact avec l’arbitre : « La règle est simple. On ne doit pas bousculer l’arbitre. Après, bien évidemment, on est participant au jeu, donc ça arrive qu’on puisse être au milieu du trafic et donc que ça ne soit pas du tout volontaire et un fait de jeu. Dans ce cas-là, ça peut ne pas déboucher sur une sanction. » Toutefois, Benoit Rousselet estime qu’il y a eu une dimension volontaire dans le geste de Jaminet : « Mon avis, c’est que je suis dans l’action et qu’il y a la possibilité d’une action de jeu vers Kylian Jaminet (avec un retour intérieur N.D.L.R.) mais j’ai trouvé qu’il y avait un aspect volontaire dans le sens où il était en retard. Il avait la capacité de faire différemment. »
Si la décision a fait débat, l’arbitre admet que d’autres choix auraient pu être faits : « Oui, je l’ai regardée à froid parce que, bien évidemment j’ai vu que ça avait créé une polémique. Ce qu’il faut savoir c’est que notre objectif, c’est de ne surtout pas en créer ! Mais je l’ai regardé pour voir si j’aurais pu faire différemment. Au final, il peut y avoir plusieurs options. Je ne détiens pas la vérité. Je sais que les avis seront partagés. La décision que j’ai prise en direct me convient mais si on me dit que c’est une erreur, je peux le comprendre. »
Conscient des points de vue divergents, il souligne : « En fait, je peux complètement comprendre qu’il puisse y avoir des avis divergents sur cette situation. Et c’est d’ailleurs pour ça que nous avons des rassemblements entre tous les arbitres du secteur professionnel de manière hebdomadaire pour évoquer ces situations un peu complexes. Je sais que Mathieu Raynal était plutôt orienté sur le jeu sur cette situation. D’autres auraient pu prendre la même sanction que moi. »
Enfin, Benoit Rousselet dément tout problème d’ego lié à cette polémique : « C’est très simple, ce n’est pas du tout ma personnalité. Je ne suis pas quelqu’un qui aime parler de moi. J’arbitre vraiment par plaisir et par passion. Moins on parle de moi, mieux je me porte. Ce n’est pas du tout mon objectif d’être mis en valeur là-dessus. Il n’y a pas du tout d’histoire d’ego. J’aurais préféré éviter tout ça et rester dans l’ombre comme j’aime l’être. »
À noter qu’il n’a pas eu d’échange avec Kylian Jaminet après la rencontre, « donc on n’a pas pu discuter de ça. » Une affaire qui illustre une nouvelle fois la complexité des décisions arbitrales dans un rugby de plus en plus disputé.






