Alors que l’enquête sur la disparition tragique de Medhi Narjissi continue de bouleverser le rugby français, Florian Grill, président de la Fédération française de rugby (FFR), a pris la parole pour défendre l’institution face aux nombreuses critiques.
Dans un entretien exclusif accordé à Midi Olympique, Florian Grill insiste sur la nécessité d’une justice rapide, tout en réfutant la responsabilité globale de la FFR dans ce drame survenu en Afrique du Sud lors de la tournée de l’équipe de France U18.
« Qu’elle aille vite. C’est l’enjeu principal », déclare le dirigeant, reconnaissant qu’une faute grave a été commise localement. « En fait, aujourd’hui, oui, les coupables doivent être punis. Oui, il y a une décision invraisemblable et individuelle d’envoyer des jeunes faire une séance de récupération sur une plage alors qu’il y a un panneau qui dit « interdit à la baignade ». C’est factuel. »
Pour Florian Grill, cette faute est strictement locale : « Oui, c’est sur place et uniquement sur place que la décision a été prise et que la faute a été commise. Non, on n’était pas au courant de cette décision prise sur place, ni la Fédération, ni la DTN. »
Le président de la FFR refuse catégoriquement que l’ensemble de l’institution soit tenue pour responsable d’une erreur individuelle. « Non, et c’est très important : la Fédération n’est pas composée de personnes qui font n’importe quoi. Tous nos cadres ne sont pas des irresponsables et on n’est pas dénué de tout process. Je ne peux pas accepter, pour l’institution que je préside, que des erreurs humaines individuelles deviennent l’erreur de toute une organisation. »
Toutefois, Florian Grill reconnaît l’ampleur du choc subi par le rugby français. « Aujourd’hui, c’est toute l’institution qui est remise en cause. Il y a des centaines de personnes diplômées, qualifiées, qui travaillent très bien, avec professionnalisme, avec sens du devoir. » Il souligne aussi l’origine du drame : « Medhi serait encore là s’il n’y avait pas eu cette décision incompréhensible de faire cette séance non programmée dans l’océan. »
Très marqué par la dimension émotionnelle de cette affaire, Florian Grill appelle à la raison pour avancer. « Le rugby français vit un moment extrêmement difficile ; Je reçois des témoignages de présidents de ligues, de présidents de comités départementaux, de présidents de clubs qui eux aussi s’exposent pour le rugby. L’émotion est là, elle le sera toujours. Et la reconstruction doit passer par la raison. La raison a un nom, elle n’en a qu’un : c’est la justice française. »
Interrogé sur la possibilité d’une condamnation pénale de la Fédération, il maintient fermement sa position : « Que la justice passe ! Mais je ne vois pas de responsabilité pénale, ni de la FFR ni de la DTN. » Après avoir examiné tous les éléments liés à l’organisation de la tournée, il déclare : « Je vois des décisions incompréhensibles prises localement. J’ai relu la totalité du planning. J’ai relu la composition du staff. J’ai regardé la qualification : tout est dans les clous. »
« Je ne peux donc pas inventer des responsabilités qui n’existent pas. Moi, j’ai une responsabilité, en tant que président de la FFR, c’est de défendre l’institution et de dire la vérité. Et c’est ce qu’on fait. On s’est mis au service de la justice. »
Face aux appels à sa démission, Florian Grill a répondu sans ambiguïté : « Si une condamnation devait intervenir, ce serait une condamnation de la FFR pas une condamnation personnelle. » Il anticipe les critiques et se montre offensif : « Je sais que l’opposition réclamera ma démission. Mais soyons attentifs à qui souffle sur les braises médiatiques. Regardez un petit peu les faits. Regardez les propositions des associations qui attaquent la Fédération, leurs membres et leurs avocats. »
Il conclut fermement : « Je le dis, ces attaques ne sont pas dignes. J’entends la colère et la douleur de la famille. Les autres, je ne les écoute pas. »







