Le club de Montpellier rugby (MHR) traverse une crise majeure, marquée par l’abandon du projet Stade Septeo, initialement conçu pour assurer la stabilité financière à long terme du club. Dans un discours inédit, Mohed Altrad, président emblématique du MHR, a admis l’échec de ce projet essentiel, tout en livrant un constat alarmant sur l’avenir du rugby professionnel dans la région.
Depuis plusieurs années, Mohed Altrad cherchait à réduire la dépendance du club à ses investissements personnels. Le Stade Septeo devait être la clé d’un nouveau modèle économique capable de générer des revenus autonomes. « L’idée, c’était de posséder un outil permettant au club de s’assumer financièrement. Le but, c’était d’arrêter qu’Altrad injecte dix millions d’euros en fin de saison pour combler le déficit », expliquait-il dans Midi Olympique.
Mais aujourd’hui, le président du MHR reconnaît la fin de cette ambition : « Mais rien n’est jamais avancé. Aujourd’hui, je sais que c’est mort. » La lassitude est palpable après des années d’efforts vains pour construire un modèle viable, dans un contexte où l’économie devient un défi grandissant pour le rugby français.
Au-delà du projet lui-même, c’est l’avenir global du club qui inquiète fortement Mohed Altrad. À 78 ans, il confie ne pas avoir de successeur familial pour reprendre les rênes : « Le problème, c’est que je ne suis pas éternel. Aucun de mes enfants ne prendra non plus la suite, au MHR. » Cette déclaration soulève de sérieuses interrogations sur la pérennité du MHR.
Le président ne cache plus son inquiétude : « Dès lors, s’il m’arrive malheur, il n’y aura plus de rugby à Montpellier. Je ne vois aucun acheteur en mesure d’acheter un club avec un tel déficit chronique. » Une mise en garde qui dépasse le cadre local, reflétant une crise financière profonde qui touche plusieurs clubs du Top 14, pourtant de plus en plus exposés.
Mohed Altrad pose ainsi une question cruciale pour le rugby français : combien de clubs reposent encore essentiellement sur le mécénat personnel ? Pour Montpellier, la réponse est aujourd’hui plus qu’inquiétante.







