Uini Atonio brise le silence après l’arrêt brutal de sa carrière
Victime d’un accident cardiaque en janvier dernier, juste avant un match contre Clermont, Uini Atonio a vu sa vie basculer en quelques minutes. L’ancien pilier du Stade Rochelais et du XV de France, figure incontournable du rugby français, a dû quitter prématurément les terrains. Trois mois plus tard, il tente de reconstruire un quotidien radicalement différent. Son témoignage diffusé sur Canal+ est poignant.
Le 18 janvier 2026, une date gravée dans l’histoire du rugby français. Alors qu’il s’échauffait avant la rencontre face à Clermont, Atonio a ressenti un malaise : « Je croyais que c’était mécanique, sachant que dans la semaine j’avais fait un scanner montrant que j’avais le sternum un peu abîmé. Mais pendant l’échauffement, je sentais qu’il y avait autre chose ». Le verdict s’est avéré bien plus alarmant : « Quand on a su que c’était le cœur, ça m’a fait un peu peur ».
Malgré la gravité de l’événement, le colosse rochelais a cherché à garder une attitude positive : « Mais comme je vois toujours les choses positivement, je me suis dit que je n’étais pas mort et que j’avais la chance d’être là avec tout le monde ». Après une longue convalescence et des soins intensifs, il a progressivement retrouvé une stabilité. Le soutien massif durant cette période lui a profondément touché : « Quand tu es à l’hôpital et que tu vois 200 ou 300 messages arriver en même temps, ça fait chaud au cœur ».
Aujourd’hui, la vie d’Uini Atonio est bouleversée. Il doit suivre un suivi médical strict et renoncer au rugby de haut niveau : « Il y a des prises de sang régulières. Il faut continuer de faire du sport, même de l’endurance, mais pas de contact. Continuer à « rester sage » : bien manger et être tranquille ». Si l’intensité physique lui manque peu, il confie néanmoins l’absence des moments forts de la vie collective : « Pas le côté physique, aller en muscu, ça, ce n’était vraiment pas mon truc. Mais tout ce qui est vestiaire, préparation de match… Même, on ne va pas mentir, les troisièmes mi-temps dans un vestiaire, ça fait du bien, dans le bus. Même sur le terrain, quand ça devient dur et qu’ils avaient besoin d’une mêlée, tu étais payé pour ça… ».
Malgré une carrière interrompue trop tôt à son goût, Uini Atonio affiche une grande fierté : « J’aurais bien aimé aller jusqu’à ma dernière Coupe du monde, dans un an, mais je reste fier de ce que j’ai fait avec La Rochelle et avec l’équipe de France. Je suis content de continuer cette nouvelle vie après le rugby. J’ai toujours dit qu’être rugbyman est le meilleur métier du monde et continuer dans le rugby est une chance ». Aujourd’hui entraîneur de la mêlée à La Rochelle, il écrit un nouveau chapitre autour du terrain : « Je n’ai pas changé la façon dont je travaille. C’est juste que je pense que l’équipe sportive, il faut que ça change un petit peu plus par rapport à avant. J’ai toujours dit : c’est le meilleur métier au monde d’être rugbyman, et travailler encore dans le rugby, c’est une chance… ».
Pour autant, certains moments restent chargés d’émotions : « Ça va être dur d’être en tribune contre Toulouse parce que c’était des gros matches. J’adorais ceux-là ! » Un témoignage sincère d’un homme qui, malgré l’adversité, continue d’incarner la passion du rugby français.







