L’Union Bordeaux-Bègles a arraché une victoire cruciale contre Perpignan (37-32), mais le soulagement était bien loin d’animer le vestiaire girondin à la fin du match. À seulement une semaine de la finale de Champions Cup face au Leinster, l’UBB espérait se rassurer. Au lieu de cela, la prestation a révélé de nombreuses lacunes : un manque d’engagement, des erreurs techniques répétées et une dépendance inquiétante à certains cadres.
### Une première période catastrophique
Pendant une grande partie de la rencontre, Bordeaux a semblé jouer avec le frein à main. Les Girondins ont enchaîné les approximations et montré une fébrilité inhabituelle dans plusieurs domaines, provoquant rapidement l’agacement du staff.
Christophe Laussucq n’a d’ailleurs pas cherché à minimiser les choses après la rencontre : « On est catastrophiques en première mi-temps, avec 17 turnovers. Il y a eu un gros manque d’engagement dans tous les secteurs. » Un constat brutal qui résume parfaitement les difficultés affrontées face à Perpignan.
### Laussucq inquiet face à la dépendance aux cadres
La profondeur du groupe bordelais s’est aussi révélée problématique. Avec la finale européenne dans tous les esprits, plusieurs cadres avaient été ménagés au coup d’envoi. Mais les remplaçants n’ont pas su convaincre.
Le coach girondin s’est montré clair : « C’est un peu malheureux d’être obligé de remettre toujours un peu les mêmes joueurs pour avoir une performance digne. On est quand même trop dépendants, en mon sens, de certains mecs. C’est un peu inquiétant. » Cette franchise souligne les préoccupations du staff.
Une fois encore, ce sont les leaders qui ont dû porter l’équipe pour éviter la déroute à domicile. Laussucq poursuit avec lucidité : « On tire un peu sur les mêmes, on aimerait avoir une équipe un peu plus homogène quelle que soit la compo alignée. Là, il y a un écart important. »
### Leinster déjà dans toutes les têtes
La finale européenne semblait occuper toutes les pensées avant même le coup d’envoi. Christophe Laussucq le comprend, sans pour autant excuser la performance : « Personne ne triche vraiment, mais personne n’avait coché le match de Perpignan comme objectif prioritaire. Les joueurs n’ont pas envie de se blesser. C’est normal à une semaine d’une finale : on met un peu moins d’engagement, un peu moins de vitesse… »
Ce relâchement aurait pu coûter cher contre une équipe plus dangereuse. Le coach le sait parfaitement : « Face à une bonne équipe comme Toulouse, c’est 40 points encaissés. »
### Une alerte lancée avant la finale européenne
Le staff bordelais redoutait ce scénario avant la rencontre. Mais la réalité sur le terrain a dépassé certaines craintes : « Je le craignais, mais pas à ce point. On savait que dans les têtes, tout le monde ne serait pas à 100 %. »
Cette victoire laisse un goût très amer à Bordeaux, conscient qu’il faudra impérativement un autre visage en termes d’intensité, de maîtrise et d’engagement avant d’affronter le Leinster.






