Depuis plusieurs semaines, l’ASM Clermont a pratiquement déserté le réseau social X, anciennement Twitter, laissant perplexes ses 213 000 abonnés, l’une des plus importantes communautés rugby françaises sur cette plateforme. Cette disparition n’est pas le fruit du hasard mais le résultat d’une décision mûrement réfléchie par les dirigeants auvergnats.
Vincent Duvivier, responsable communication du club, explique sans détour les raisons de ce retrait dans une interview accordée à Rugby Pass : « On a senti que ce réseau prenait un engagement politique important ces derniers mois et ce n’est pas vraiment une voie dans laquelle on veut s’engager. Nous, comme tous les clubs, on a plus tendance à vouloir fédérer et rapprocher les gens que l’inverse. Et on s’est aperçu que c’était le réseau social qui divisait le plus et générait le plus de haters. On n’est pas là pour ça. »
Le club dénonce également la montée des commentaires agressifs et des critiques sous ses publications : « Nous sommes à l’écoute des critiques mais on n’est pas sur un réseau social pour avoir ces commentaires-là. On n’y est pas à notre place et on n’y trouve pas notre intérêt », ajoute le dirigeant. Par ailleurs, la forte coloration politique prise par la plateforme a pesé lourd dans cette décision : « Le compte est toujours ouvert et des gens nous demandent de revenir mais pour l’instant ce n’est pas au programme. On peut être optimiste et se dire que ça s’inversera mais l’empreinte politique de X fait qu’on n’a pas envie de se repositionner dessus. »
L’ASM Clermont s’inscrit ainsi dans la même tendance que l’Union Bordeaux-Bègles, qui avait suspendu son activité sur X un an plus tôt, invoquant des désaccords avec les positions politiques du propriétaire du réseau, Elon Musk.
Malgré son retrait, le club ne constate pas de conséquences majeures. « Nous avons trois visées dans notre mission de communication : l’information, la distraction et la vente. Twitter ne répondait pas vraiment aux deux derniers critères, il était le réseau social où on générait le moins de trafic en vente », précise Vincent Duvivier. « Il n’y a donc pour nous aucun impact, si ce n’est que cela nous a enlevé de la veille sur tout ce qui était dit sur nous. »
Le club regrette toutefois la déception de sa fanbase sur X : « On est navrés pour notre fanbase qui était sur Twitter et qui a été déçue de ne plus trouver d’informations mais ces supporters ont aussi pu basculer sur d’autres canaux comme Instagram où on continue de progresser. »
Avec près de 180 000 abonnés sur Instagram, l’ASM Clermont oriente désormais sa communication vers des plateformes jugées plus positives et fédératrices, en phase avec ses valeurs.







