Samedi soir à Bilbao, sous les feux des projecteurs où brillaient déjà Louis Bielle-Biarrey, Damian Penaud et Maxime Lucu, un autre Bordelais a éclipsé les stars du Leinster : Yoram Moefana.
Le centre international de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) a offert une performance exceptionnelle lors de la finale de Champions Cup, que son équipe a dominée 41-19, mettant à mal le redoutable milieu de terrain irlandais.
L’apogée de sa prestation est survenue juste avant la pause, avec un essai qui a scellé le sort du Leinster.
### L’essai qui a scellé la finale
À quelques secondes de la mi-temps, alors que Bordeaux menait déjà largement, Moefana a déclenché l’offensive décisive.
« J’étais surpris d’intercepter. Ensuite, ç’a été dur d’aller aplatir, mais je suis très content d’avoir marqué. »
Interceptant la balle, il a filé plein champ pour inscrire un essai sous les yeux d’un Leinster dépassé, portant le score à 35-7 — un tournant majeur dans cette finale.
Le Bordelais avoue même avoir redouté une poussée irlandaise durant sa course vers l’en-but.
« Je cherchais Pablo Uberti, parce que j’ai eu peur que quelqu’un me poursuive. Mais il n’y avait personne. »
### Un duel titanesque au cœur du terrain
Réduire la performance de Moefana à cet essai serait injuste. Face à des internationaux irlandais comme Robbie Henshaw et Garry Ringrose, le centre de l’UBB a offert un combat acharné.
Puissance, agressivité et percussion : il a sans cesse repoussé le Leinster dans l’axe, gommant toute résistance.
Ses chiffres illustrent la force de sa prestation : 104 mètres gagnés balle en main, deux défenseurs battus, seize plaquages effectués.
Pourtant, fidèle à son humilité, Moefana a préféré valoriser le travail collectif.
« La préparation de cette semaine avait été cruciale. Tout le monde s’était bien entraîné et on se sentait prêt. »
### Yannick Bru misait sur Moefana
Le plan de jeu de Bordeaux reposait en grande partie sur la capacité du centre à déstabiliser la défense irlandaise au centre du terrain.
« On savait que le Leinster a une défense particulière, proche de celle des Sud-Africains, très agressive. »
Moefana détaille la stratégie élaborée par le staff bordelais : fixer l’adversaire dans l’axe avant de déployer le jeu sur les côtés.
« Il fallait donc les fixer au centre du terrain avant de jouer ensuite sur les côtés. »
Le manager Yannick Bru a salué le rôle clé de son joueur, expliquant que l’UBB avait choisi d’imposer une confrontation physique dès les premières secondes du match.
« On avait décidé de jouer de manière très physique sur les deux premiers temps de jeu. »
Il a également loué la performance de Moefana et de Marko Gazzotti :
« Yoram Moefana et Marko Gazzotti ont été magnifiques dans l’axe. »
### “Il faut garder les pieds sur terre”
Cette saison n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour le Bordelais. Freiné par une luxation de l’épaule en début d’exercice, il a traversé des phases plus compliquées, avec parfois des performances en dessous de son niveau.
« Peut-être que je me pose trop de questions après certains matchs. »
Grâce au soutien indéfectible de ses coéquipiers, Moefana a su surmonter ces moments délicats.
« J’ai des coéquipiers qui sont toujours là pour moi, dans les moments difficiles. »
Malgré ce deuxième titre européen consécutif, il refuse de céder à l’euphorie et prône l’humilité, socle du groupe bordelais.
« Il faut surtout garder les pieds sur terre. »
Pour conclure, il résume ainsi l’état d’esprit de l’UBB :
« C’est notre force : ne pas se prendre pour d’autres et rester ancrés dans nos valeurs. »







