L’Usap conclut sa saison à domicile sur une sixième victoire, mais le goût est amer. Les Catalans ont célébré ce succès tout en rendant hommage à leurs joueurs sur le départ, sans déplorer de nouvelles blessures. Pourtant, malgré le score favorable, le contenu de la prestation a déçu joueurs et staff.
Benjamin Urdapilleta ne cache pas sa frustration : « Le seul point positif, c’est qu’on est allé chercher cette victoire dans la difficulté. Il y a beaucoup de frustration car on voulait faire un bon match, en enchaînant les séquences… Mais il y a eu tellement de ballons tombés que c’était impossible. On peut même dire qu’on s’est par moments fait ch… derrière. »
De son côté, Laurent Labit a exprimé son mécontentement depuis les tribunes. Le manager catalan a confié à Midi Olympique : « Ça a été poussif, il a fallu aller au bout du bout. Si on veut être optimiste, on peut dire que l’équipe a fait preuve de résilience et qu’elle a gagné sur une action bien jouée mais trop rare. Le côté pessimiste fait dire qu’on n’a pas du tout maîtrisé ce match et c’est notre regret. »
À moins de deux semaines de l’access-match décisif le 14 juin, cette prestation inquiète. Tommaso Allan insiste : « Le 14 juin, ça ressemblera à ce genre de contexte, avec de la chaleur, une partie serrée. Il nous faudra mieux gérer les temps faibles et arrêter de balancer les ballons. On avait dit de ne pas se les jeter et c’est pourtant ce qu’on a fait. »
Laurent Labit souligne les nombreuses défaillances collectives : « Nous avons été défaillants sur les phases de conquête, sur les rucks et nous avons jeté les ballons aux quatre coins du terrain. Pendant une mi-temps, nous avons produit tous les scénarios négatifs dont nous avions parlé en amont. »
Le manager pointe aussi un manque de sérieux de certains joueurs : « Ce contexte de match entre deux équipes qui n’ont pas un enjeu direct est toujours difficile à appréhender. Mais il y a quelques joueurs, trop, qui pensaient que Castres était en vacances et qu’on allait se faire un match tranquille puis une bonne cérémonie. »
Cette contre-performance pourrait rebattre les cartes pour la composition de l’équipe qui disputera l’access-match. Laurent Labit confie avoir douché ses certitudes : « Jusqu’à aujourd’hui, j’avais mon équipe en tête. Ce n’est plus cas. J’avais des choses plutôt arrêtées sur certains joueurs mais ce match va amener de la réflexion sur ceux qui doivent débuter, ceux qui peuvent entrer. Certains auront une carte à jouer à Bayonne. »
Le message est clair en vue de ce rendez-vous crucial : « À l’arrivée, ce sont les meilleurs qui joueront. Car c’est la survie de l’Usap qui est en jeu et c’est plus important que le cas de Pierre, Paul ou Jacques. »







