Après huit ans passés à former les jeunes de l’AS Béziers Hérault, Samuel Nouchi tire sa révérence. L’ancien deuxième ligne biterrois, désormais âgé de 50 ans, se consacre pleinement à son nouveau rôle de manager au RC Nîmois. Mais avant de tourner définitivement la page, il livre un témoignage sans filtre sur une dernière saison sous haute tension, marquée selon lui par une rupture totale avec la direction biterroise.
« À partir de novembre, il n’y a plus eu de relations »
En poste comme responsable des Espoirs depuis 2021, après avoir encadré plusieurs générations de jeunes, Nouchi décrit une dégradation brutale des rapports au sein du club. Il confie à Midi Libre : « C’est à partir du mois de novembre que ça a basculé, dès qu’ils ont viré Christophe Chollet. Apparemment, tous ceux qui étaient des proches de Christophe Chollet étaient des pestiférés. À partir de ce moment, il n’y a plus eu de relations avec personne. »
Les échanges avec la direction se sont quasiment éteints. « Les gamins me rapportaient les informations, me disaient quels joueurs espoirs qui s’entraînaient avec les pros allaient descendre pour jouer avec nous. Jonathan Bousquet me faisait aussi des retours et échangeait avec David Irazoqui », explique-t-il.
« Voir dix ans de formation partir en fumée »
L’ancien entraîneur des Espoirs vit sa dernière saison à Béziers comme un échec douloureux. « Elle a été dure parce qu’on n’a pas respecté les gamins. On leur a sorti qu’ils n’avaient pas le niveau Top 14 mais je pense que la direction n’était pas au courant qu’ils évoluaient en Pro D2. »
Ce qui le frappe le plus, c’est la fuite massive de jeunes issus du centre de formation. « Voir partir tous ces jeunes, voir dix ans de formation partir en fumée, c’est ça qui fait le plus mal. Il y a eu les cinq ans de Pierre Caillet avant qu’il prenne les pros, et cinq ans avec moi. Tout ce qu’on a créé, la direction l’a détruit en huit mois. »
Il dénonce une véritable « saignée » : « Même ceux qui étaient encore sous contrat pouvaient être remerciés. En moyenne, dans chaque club, c’est entre dix et quatorze gamins qui ne sont pas conservés. Là, ce sont vingt-deux gamins qui partent. C’est une hécatombe. »
« Ce sont des menteurs »
Très critique envers la direction, Samuel Nouchi ne cache pas son amertume alors qu’il quitte le club qu’il a longtemps servi : « Oui, très amer. Je suis très heureux d’avoir l’opportunité que m’offre Nîmes. Mais la manière dont ça s’est terminé à Béziers, c’est ne pas respecter les hommes et tout le travail entrepris pendant des années. »
Interrogé sur la politique de formation de l’ASBH, son verdict est tranchant : « Ce n’est pas du tout ce que j’ai ressenti. Ce sont des menteurs. »
Et quand on lui demande quel message il adresse à la direction, il reste aussi sec que lucide : « Bon vent ! Et bon courage aux joueurs, aux supporters et à l’institution. Mais pas à ces hommes. Ils n’ont pas respecté le club, ni les gens. Je suis inquiet pour l’avenir. »
Une rupture totale avec le club
Désormais focalisé sur son nouveau défi à Nîmes, Samuel Nouchi quitte Béziers avec le sentiment amer que le travail patient accompli pendant une décennie est balayé. Sur le recrutement au centre de formation, il déplore un manque total d’informations : « On n’en sait rien, on nous informe de rien. On sait que le troisième fils Loggenberg vient, c’est tout. Sinon, ils voulaient recruter des jeunes internationaux français. Mais ça a un coût, et ça se règle des mois à l’avance. S’ils ont recruté, c’est sans nous le dire. »
Ces déclarations fortes risquent de provoquer une réaction du côté de Béziers, où la fracture semble désormais profonde.






