Après six saisons sous les couleurs de Clermont, Sébastien Bézy s’apprête à tourner une page majeure de sa carrière en rejoignant Montpellier à l’issue de la saison en cours.
Dans un entretien accordé à *La Montagne*, l’ancien demi de mêlée toulousain est revenu en détail sur son choix de départ, sa gestion du temps de jeu cette saison, et le regard qu’il porte sur son aventure auvergnate.
### Un temps de jeu impacté par son départ
Depuis l’annonce de sa signature à Montpellier, le temps de jeu de Bézy a diminué, une réalité qu’il reconnaît sans détour. « À mon âge, c’était important d’avoir rapidement une vision sur le futur. Donc par rapport à ça, je suis très content. » Cependant, il admet : « Après, oui, je pense que ça y a fait un petit peu concernant mon temps de jeu. » Refusant la polémique, il comprend la position des entraîneurs : « Je me dis aussi qu’à la place des coachs, peut-être que j’aurais fait pareil. Je comprends qu’ils essaient de préparer la suite avec les joueurs restants, c’est cohérent. » Malgré tout, il exprime une certaine frustration : « Quand on est joueur, qu’on pense à soi, on a envie de jouer. Et c’est vrai que je trouve ça dommage de finir comme ça. »
### Le choix Montpellier, une décision simple
Face aux interrogations des supporters sur les conditions de son départ, Bézy clarifie la situation : « Je n’ai pas eu de proposition concrète sur le coup. » Lorsque Montpellier a présenté une offre solide, le joueur n’a pas hésité : « À mon âge, quand vous recevez une bonne proposition de la part d’un très bon club, on n’a pas trop le temps de réfléchir. » Selon lui, cette rapidité explique certaines incompréhensions autour de son choix. « C’est pour cela qu’il y a peut-être eu une forme d’incompréhension. »
### Un rôle essentiel dans le vestiaire malgré un temps de jeu réduit
Même avec moins de temps sur le terrain, Bézy estime avoir conservé une place importante dans le groupe. « Je me suis toujours bien senti dans ce groupe. » Il reconnaît avoir parfois mal vécu certaines décisions : « Quand tu rentres à la maison, que tu ne joues pas, des fois t’es un peu dégoûté. » Mais son expérience l’a poussé à soutenir les plus jeunes en gardant une attitude positive : « À mon âge, mon rôle c’est aussi d’aider les autres en restant le plus positif possible. » Parmi eux, il souligne l’impact qu’il a eu auprès de Baptiste Jauneau : « J’aime bien aussi parler avec les joueurs. Notamment avec Baptiste qui me sollicite souvent avant ses discours pour avoir mon ressenti et savoir sur quel point appuyer. »
### Une aventure clermontoise marquée par l’instabilité
Revenant sur son arrivée en 2020, Bézy avoue que la donne a rapidement changé : « J’ai signé à l’ASM parce qu’il y avait Franck Azéma. » L’entraîneur emblématique quittant le club peu après lui a laissé un goût amer : « C’est vrai que c’était un peu décevant. » Il ne s’attendait pas non plus à l’instabilité qui a suivi, avec « des changements d’entraîneurs et de présidents. Il y avait une forme d’instabilité à laquelle je ne m’attendais pas du tout en signant ici. »
### Clermont sur la voie de la reconstruction
Malgré ces turbulences, Bézy estime que l’ASM a aujourd’hui retrouvé une trajectoire positive : « Je pense que le projet est bon. Notamment au niveau des jeunes. » Une nouvelle génération prometteuse émerge : « Les jeunes qui montent sont très bons, les futures recrues sont d’un gros calibre… Le club progresse. » Selon lui, cette progression modifie aussi la perception extérieure : « Quand j’en parle avec certains adversaires, on sent que le regard est en train de changer sur l’ASM. On est à nouveau considéré comme une équipe difficile à battre. »
### Ce qui l’a le plus marqué à Clermont
Sur le plan humain, Bézy retient particulièrement l’engagement des supporters clermontois : « Sportivement, ce qui m’a le plus impressionné, ce sont les supporters. Partout ailleurs en Top 14, je n’ai jamais vu une telle ambiance, un tel soutien. » Il souligne également l’accueil chaleureux réservé à sa famille par de nombreuses personnes du club, notamment Camille Lopez, Judicaël Cancoriet et Paul Jedrasiak. « J’ai essayé de reproduire la même chose par la suite avec les nouveaux. »
### La concurrence, une réalité bien connue
Durant son passage à Clermont, Bézy a affronté deux générations de demi de mêlée, avec Morgan Parra puis Baptiste Jauneau, une compétition qu’il a toujours acceptée : « J’ai joué à Toulouse, donc la concurrence, je connaissais. Je me suis bien entendu avec Morgan et Baptiste. » Avec le recul, il affirme : « Il faut savoir accepter les choix, même si ce n’est pas toujours évident. »
Au-delà de son départ vers Montpellier, le témoignage de Sébastien Bézy éclaire la transition profonde vécue par Clermont ces six dernières années. Arrivé aux portes d’une époque de renouveau, il a traversé les turbulences administratives et sportives qui ont marqué le club, avant de constater aujourd’hui une reconstruction solide.
Malgré la récente lourde défaite face au Racing, Bézy reste convaincu que les fondations de l’ASM sont désormais plus stables qu’à son arrivée, offrant une vision optimiste face au pessimisme ambiant.
À présent, le demi de mêlée s’apprête à relever un nouveau défi à Montpellier, fort de six années riches en émotions sous le maillot clermontois.







