Longtemps considéré comme un prodige du rugby français, Louis Carbonel a traversé des saisons difficiles entre Toulon, Montpellier et le Stade Français. À 27 ans, l’ouvreur parisien s’apprête enfin à découvrir les phases finales du Top 14, une étape inédite dans sa carrière, fruit d’un long chemin semé de doutes et de remises en question.
Il s’est confié à RMC Sport :
« Oui, c’est pour ça que je suis hyper impatient ces dernières semaines parce que je n’ai jamais eu en Top 14 la chance de les jouer. Et je n’ai qu’une hâte, c’est d’y être parce que ce n’est que du positif. »
L’été dernier, l’avenir de Carbonel était incertain. Le Stade Français envisageait son départ, tandis que plusieurs clubs suivaient sa situation de près.
« Une semaine avant la prépa de cette année, je ne savais pas où j’allais jouer. Il y avait plusieurs clubs et je ne savais toujours pas une semaine avant s’il fallait que je rende mon appart ou si je restais au Stade Français », révélait-il.
Malgré cette incertitude, le demi d’ouverture a transformé cette épreuve en moteur.
« Même s’ils voulaient que je parte, moi, j’avais à cœur de montrer ce qu’est le vrai Louis Carbonel. »
Pour sortir de la spirale négative dans laquelle il était plongé, Carbonel a entrepris un travail personnel important.
« L’année dernière, j’ai entamé un travail personnel qui a été important », explique-t-il. Grâce à la lecture, à la psychologie et à une profonde introspection, il a cherché à comprendre ce qui freinait sa progression.
« Je voulais tellement réussir et j’étais tellement dur avec moi-même que je me mettais de la pression et j’étais négatif. »
Aujourd’hui, il estime avoir retrouvé un meilleur équilibre :
« J’ai essayé de revenir avec une vision différente de moi. »
Le déclic est intervenu lors d’un match crucial contre La Rochelle, où il a inscrit une pénalité décisive à la dernière minute.
« Je pense que ça a été vers le 5-6e match du début de l’année où notamment, on joue contre La Rochelle, je mets cette pénalité à la dernière action. »
Cette réussite a enclenché une nouvelle dynamique positive.
« Ça s’est fait petit à petit, la confiance arrive au fur et à mesure et c’est l’engrenage positif. »
La relation avec l’entraîneur Paul Gustard a également évolué, renforçant la confiance du joueur.
« On a toujours eu une relation positive, même l’année dernière, quand je ne jouais plus, il m’expliquait pourquoi. »
Quand le technicien anglais a récemment fait l’éloge de Carbonel, ce dernier n’a pas caché sa satisfaction :
« C’est sûr que quand il a dit ça, je me suis fait chambrer, mais ça m’a fait plaisir. »
Le rêve de retrouver le XV de France reste intact pour Carbonel, malgré son absence prolongée chez les Bleus.
« Quand tu es un grand compétiteur comme moi et très ambitieux, bien sûr que ça ne part jamais de ta tête. »
L’ouvreur nourrit l’espoir d’un retour :
« Bien sûr que j’irai le plus vite possible quand le téléphone sonnera, si un jour il sonne de nouveau. »
Avant d’ajouter :
« J’espère un jour y retourner, je travaille tous les jours une heure après l’entraînement pour ça. »
Pour l’instant, c’est sa deuxième chance en Top 14 qui mobilise toutes ses ambitions.
« J’attends ces matchs depuis 5-6 ans. »
Après des saisons marquées par les blessures, les doutes et les remises en question, l’ancien espoir du rugby français tient enfin son occasion de prouver qu’il est redevenu le joueur capable de briller au plus haut niveau.







