À quelques jours de la finale du Top 14 entre Toulouse et Montpellier, Louis Picamoles, formé au MHR avant de devenir une légende du Stade Toulousain, offre un regard privilégié sur ces deux géants du rugby français.
Pour lui, cette confrontation au Stade de France ne surprend pas. « Pour moi, c’est une finale un peu particulière entre deux clubs que je connais très bien. C’est presque une finale logique. C’est le premier contre le deuxième de la saison. » En effet, ces deux équipes ont dominé la saison régulière et s’affrontent samedi à 21h05 pour décrocher le Bouclier de Brennus.
Mais qu’est-ce qui fait la force de Toulouse, année après année ? Picamoles évoque bien plus que le talent des joueurs : « C’est presque culturel. C’est ancré dans l’ADN du club d’avoir cette culture de la gagne. » Cette mentalité dépasse les générations. « Les années et les générations passent. Certains clubs connaissent des hauts et des bas, d’autres disparaissent même parfois. Toulouse est toujours là. Comme je le dis souvent, malgré les générations, malgré les périodes et même lorsqu’ils traversent un moment de flottement, ils finissent toujours par revenir au sommet. »
Cette quête de la victoire est une obsession permanente au sein du Stade Toulousain. Dès l’arrivée d’un joueur, « tu es pris dans une machine qui veut tout gagner et qui n’est jamais rassasiée. » Le palmarès, loin d’être un fardeau, est une source de force : « Le palmarès n’est pas un poids, c’est une force. »
À Toulouse, chaque génération entend marquer son empreinte et ne surtout pas briser la dynamique victorieuse. « Toutes les générations ont marqué ce club. Toi aussi, tu as envie d’y laisser ton empreinte. Tu ne veux pas faire partie de celle qui n’aura rien gagné. »
Cette identité forte est également entretenue par la continuité au sein du club. Du président aux entraîneurs des équipes juniors, nombreux sont ceux qui ont porté le maillot rouge et noir. « Toutes les personnes qui occupent des postes importants ont, à un moment donné, porté le maillot. » Cette transmission assure la préservation des valeurs toulousaines malgré les changements.
Revenant sur son propre parcours, Picamoles confie sa crainte avant de rejoindre Toulouse en provenance de Montpellier. « C’était l’une de mes plus grandes craintes lorsque je suis parti de Montpellier pour rejoindre le Stade Toulousain. Je quittais un club familial pour arriver dans une machine à gagner où il n’y avait que des joueurs immenses. Je me demandais comment j’allais trouver ma place. Je venais d’un petit club. En 2009, un maintien suffisait au bonheur du MHR. J’avais peur que la marche soit trop haute. J’étais avec mes copains, les parents, la famille… Et finalement, j’ai trouvé ce que j’étais venu chercher. J’étais ambitieux. »
Rapidement, il s’est épanoui dans l’environnement toulousain : « Cette machine est devenue ma deuxième famille pendant sept ans. »
Ce témoignage illustre parfaitement pourquoi, aujourd’hui encore, le Stade Toulousain reste la référence du rugby français.







