L’arbitrage, désormais au cœur de la préparation des clubs de Top 14
Dans le rugby professionnel, l’arbitrage n’est plus une inconnue, mais un élément clé de la stratégie des équipes. Chaque semaine, les clubs scrutent les habitudes des officiels pour ajuster leur jeu et leur discipline.
Gaël Fickou, futur joueur du Rugby Club Toulonnais, illustre parfaitement cette évolution. Pour lui, la relation entre joueurs et arbitres a profondément changé depuis ses débuts. « Quand j’ai commencé le rugby, on ne regardait jamais l’arbitre, on ne savait même pas comment il s’appelait. Maintenant, ça fait partie du jeu, c’est une stratégie, une tactique. Certains arbitres n’aiment pas qu’on leur parle donc on ne leur parle pas, certains ont beaucoup d’ego donc on sait qu’il ne faut pas les titiller. Avec certains on peut avoir de bonnes conversations. »
L’importance de connaître l’arbitre avant la rencontre
Pour Gaël Fickou, la préparation d’un match ne se limite plus à l’analyse de l’adversaire. « On sait à l’avance l’arbitre que l’on va avoir le week-end. Donc on travaille sur ses qualités, ses points forts, là où il est un peu plus fragile, qu’est-ce qu’il aime siffler et ce qu’il regarde en précision. On essaie de se stimuler par rapport à cela pour être prêt le jour J. On essaie de s’adapter et ensuite on travaille notre discipline en général car on connaît tous les règles », explique-t-il dans le podcast Rugby Confidential.
Le three-quarts souligne aussi l’apport précieux de Jérôme Garcès au sein du XV de France. « En équipe de France, c’est Jérôme Garcès, l’un des plus grands arbitres de tous les temps, c’est un super gars, il travaille avec Pau en club. Il apporte beaucoup de précision, on regarde beaucoup de vidéos pour commenter les actions, ce qu’on aurait pu faire ou mieux faire. C’est toujours intéressant car l’arbitrage fait partie prenante de notre jeu donc on essaye de s’y adapter. »
Une critique sur le dialogue limité avec certains arbitres
Malgré son respect pour le corps arbitral, Gaël Fickou déplore cependant le manque d’échanges avec certains officiels. « Ce que je ne supporte pas dans l’arbitrage et c’est ce que je dis souvent à Jérôme Garcès que j’adore, c’est quand l’arbitre coupe la conversation et ne veut pas de conversation. Je trouve cela dommage. On est dans un sport où nous sommes très respectueux et c’est toujours intéressant d’avoir des échanges. »
Pour lui, la discussion fait partie de l’esprit du rugby. « Ce sont des conversations intéressantes et drôles car il y a de l’humour autour de cela. Et c’est dommage de se fermer, d’être très dur comme un gendarme. Il reste encore des arbitres comme ça et il y a des arbitres avec qui tu as du mal à parler car ils se mettent dans leur bulle et ils ont une décision. Je respecte leur décision mais c’est dommage de ne pas pouvoir avoir une petite discussion. »
Un hommage à la nouvelle génération d’arbitres
Enfin, Gaël Fickou n’hésite pas à saluer le travail des jeunes arbitres prometteurs, citant notamment Jérémy Rozier : « Jérémy Rozier est un super arbitre, ce sera un très grand arbitre français. Il nous a arbitré ce week-end et il a été très bon, il a été cohérent. »
L’arbitrage, longtemps jugé comme un simple arbitre des fautes, s’est donc imposé comme un acteur à part entière dans le jeu, influençant la préparation, la stratégie et la discipline des équipes de Top 14.







