À 33 ans, Billy Vunipola est devenu en deux saisons un pilier incontournable du Montpellier Hérault Rugby (MHR). Arrivé à l’été 2024, alors que beaucoup doutaient de ses capacités à renouer avec son meilleur niveau, le troisième ligne anglais affiche aujourd’hui une forme et un engagement exemplaires qui font l’unanimité au sein du club.
Fort de ses 74 sélections avec le XV de la Rose et d’un palmarès impressionnant avec les Saracens, Vunipola refuse de se reposer sur ses lauriers. « Il y a une petite voix derrière mon épaule qui me dit que je ne suis pas assez fort. Ça me pousse à me réveiller tous les matins pour travailler dur. Je veux me prouver que je peux encore y arriver. Quand cette voix disparaîtra, alors vous n’entendrez plus parler de moi. » Cette quête permanente d’excellence force l’admiration de ses coéquipiers et du staff montpelliérain.
Joan Caudullo, membre de l’encadrement, ne cache pas son respect : « Je crois au fait que quand tu commences à gagner, tu as envie de gagner tout le temps. Ce mec-là, il a une soif de réussite… Il a tout gagné avec les Saracens, il a 74 sélections avec l’Angleterre, mais avant la finale du Challenge, il me dit : “Jo, je ne l’ai jamais gagné, il faut absolument que je le gagne.” (…) Franchement, je me disais qu’on n’allait pas avoir le Vunipola qu’on voyait à la télé. Et en fait, on a un joueur de dimension internationale. »
Au-delà de ses performances sur le terrain, Vunipola impose sa rigueur au quotidien. Didier Bès, entraîneur de la mêlée, insiste sur son implication dans ce secteur-clé : « Billy, lui, il sait qu’avant ça, il y a mêlée. Et quand il y a mêlée, il veut la gagner. (…) À l’entraînement, c’est quelqu’un qui a amené sa culture du travail et du sérieux. Son premier été, il n’a pas raté le moindre exercice de la préparation physique alors que je voyais quelques jeunes se mettre sur le côté dès que ça piquait. »
Benjamin Del Moral, préparateur physique, confirme : « Quand il arrive en salle de muscu ou sur des ateliers de courses, il a son programme et il s’y tient. C’est carré, même si certains exercices ne lui plaisent pas, il coche tout et fait tout nickel. (…) Billy, vous savez que tout sera fait au millimètre. »
Ses coéquipiers témoignent également d’un comportement exemplaire. Florian Verhaeghe explique : « Dès ses premiers entraînements, on a compris qu’il n’était pas juste venu ici pour prendre son argent. (…) Il a essayé de s’exprimer en français le plus rapidement possible, il ne se cache jamais aux entraînements, il ne triche jamais. (…) On sent le compétiteur acharné. » Christopher Tolofua, ancien partenaire aux Saracens, retrouve quant à lui « le Billy des Saracens avec cette culture de la gagne et de la performance. (…) C’est très, très rare d’avoir un joueur qui s’adapte aussi facilement à notre championnat. On voit son côté puissant, mais c’est aussi un joueur super intelligent, qui peut tout faire. »
Ce leadership naturel dépasse les seules qualités sportives. Ali Price souligne son influence dans le vestiaire : « Quand vous êtes étranger et que vous arrivez dans un nouveau groupe, ce n’est pas évident d’être un leader. Mais Billy a ça en lui. (…) On pourrait se contenter de ce qu’on a vu d’où le club revient, mais Billy insiste : “On veut plus que ça”. Et il montre l’exemple aux entraînements et sur les matches. Il a ce feu en lui pour gagner des titres, donc vous le suivez, naturellement. »
Samedi soir face au Stade Toulousain, Billy Vunipola disputera sans doute l’un des derniers grands rendez-vous de sa carrière. À Montpellier, son immense expérience et son engagement sans faille sont plus que jamais attendus pour décrocher un deuxième Bouclier de Brennus.







