Le pilier international sud-africain Asenathi Ntlabakanye a été suspendu 18 mois, jusqu’au 13 novembre 2027, après avoir été contrôlé positif à une substance interdite. Cette sanction intervient à l’issue d’une procédure approfondie dont le tribunal indépendant a rendu une décision détaillée de 44 pages.
Cette affaire dépasse le simple cadre d’un contrôle antidopage, mettant en lumière des responsabilités partagées. Le tribunal souligne que le joueur a largement reposé sur le suivi médical assuré par son club, les Lions, sans pour autant être exonéré de sa propre responsabilité.
Un point crucial concerne le rôle de l’ancien médecin de l’équipe, Rob Collins. Décrit comme un acteur central dans la chaîne ayant conduit à la violation des règles, il n’a finalement pas témoigné, suivant un avis juridique le déconseillant de s’exprimer. Les juges estiment que son absence a privé le dossier d’éléments essentiels, notamment sur les vérifications effectuées concernant les traitements administrés à Ntlabakanye.
Pour sa défense, le joueur affirme avoir toujours suivi les protocoles encadrés par le club. « Les substances interdites n’avaient jamais été prises de sa propre initiative », explique-t-il. Après une orientation vers un spécialiste par le club, il aurait présenté les prescriptions au médecin de l’équipe, qui l’aurait assuré de leur conformité. Selon lui, les traitements étaient gérés directement par le service médical, avec remise hebdomadaire des médicaments par une assistante, et injections de Mounjaro – un produit favorisant la perte de poids – réalisées par le médecin ou un membre du staff.
Ntlabakanye précise ne pas connaître le nom exact des médicaments reçus, convaincu que « toutes les vérifications antidopage avaient déjà été effectuées par les professionnels qui l’encadraient ».
Malgré cette confiance réelle, le tribunal rappelle l’impératif des règles antidopage qui imposent à chaque sportif « une responsabilité personnelle absolue ». Les juges estiment que, bien qu’aucune faute intentionnelle ni négligence grave n’ait été retenue, le joueur n’a pas fait preuve du niveau de vigilance requis. Son comportement constitue ainsi une prise de risque suffisante pour justifier la suspension.
L’Institut sud-africain pour un sport sans dopage a également réaffirmé un principe fondamental : « Même lorsque le traitement est prescrit ou administré par un médecin du club, l’athlète demeure seul responsable des substances retrouvées dans son organisme. » Selon cet organisme, Asenathi Ntlabakanye, joueur expérimenté et formé aux procédures antidopage, aurait dû lui-même vérifier que les médicaments reçus étaient autorisés, plutôt que de se fier uniquement aux assurances du staff médical.






