À quelques heures de la finale du Top 14 contre le Stade Toulousain, Joan Caudullo, manager du Montpellier Hérault Rugby, refuse de céder aux pronostics favorisant largement son adversaire. Conscient de l’ampleur du défi, il reste persuadé que son équipe dispose des moyens pour rivaliser avec le triple champion de France en titre.
S’il reconnaît la puissance des Toulousains lors des grands rendez-vous, Caudullo insiste sur la nécessité pour son groupe de rester fidèle à ses forces : « une défense de fer et une identité de jeu clairement affirmée. »
« On est contents d’être en finale »
Refusant d’entrer dans la polémique autour du statut de favori, le manager montpelliérain se montre lucide tout en gardant la confiance : « On est contents d’être en finale de Top 14. On est contents de montrer une belle image du club de Montpellier. Après, obligatoirement, quand on joue une finale, on joue contre les meilleures équipes. On l’a fait en 2022 en jouant l’équipe qui était première au classement, Castres. Là, c’est Toulouse cette année, donc on sait que c’est une grande équipe comme l’était Castres en 2022. »
Pour Caudullo, la bataille de la conquête sera cruciale : « Les Toulousains, sur les matchs de phases finales, ils sont très, très bons en conquête et ils gagnent souvent leurs matchs là-dessus. Donc on sait à quoi s’attendre et on sait que ça sera difficile. Si on n’existe pas là-dessus, le match va devenir très compliqué. »
Une préparation adaptée à la chaleur
Confronté à la canicule frappant une grande partie de la France, le staff montpelliérain a légèrement modifié son organisation sans bouleverser ses repères. « Paradoxalement, on a 10 degrés de moins que le reste de la France à Montpellier. C’est bizarre. On les a levés un peu plus tard pour avoir de la fraîcheur et qu’ils puissent dormir. Après, on n’a pas trop changé les choses. On a bien sûr diminué nos temps d’entraînement par rapport au fait qu’on est en fin de saison. Mais on n’a pas changé les choses là-dessus. Mais c’est vrai que ça va être complexe demain soir parce qu’il fait vraiment très chaud. Et je ne suis pas sûr qu’on ait beaucoup d’expérience là-dessus. »
Arrivée à Paris jeudi, l’équipe conserve la même discipline et le même état d’esprit qu’au cours des derniers mois. « Je n’ai pas le sentiment que les joueurs changent, ce sont toujours les mêmes. Je ne sens pas des mecs qui surjouent, qui font différemment d’habitude. (…) Bien sûr qu’au fond d’eux, ils sont excités, ont envie d’en découdre et de jouer ce match que tout le rugby français va regarder. (…) On fait en sorte que ça soit de l’excitation positive et que ça ne les empêche pas de jouer leur meilleur rugby. »
« On a envie de montrer qu’on a une bonne défense »
Si Antoine Dupont représente un défi majeur pour Montpellier, Joan Caudullo refuse de centrer sa stratégie uniquement sur le capitaine toulousain. Fier de sa défense, la meilleure du championnat, il souligne : « Le jeu au sol est important, mais sur tous les matchs qu’on a abordés. (…) Se focaliser sur Antoine Dupont fait que derrière, on laisse la place aux autres. (…) On a travaillé justement pour qu’on soit hermétiques. On est la première défense du championnat et on a envie de montrer qu’on a une bonne défense demain soir. Et bien sûr qu’il y a ce facteur X qui s’appelle Antoine Dupont, qui va essayer de nous mettre à mal. Mais en tout cas, on a envie de jouer ce genre de match et de répondre à ces attentes-là. »
L’émotion autour de Yacouba Camara
Alors que la conférence de presse touchait à sa fin, Joan Caudullo a tenu à évoquer l’absence de Yacouba Camara, suspendu pour la finale. Très ému, il a exprimé son regret : « Je voulais parler de Yacouba Camara, c’est important. (…) Je trouve dommage que Yacouba Camara ne soit pas sur la pelouse demain soir. Il rate une demi-finale de Top 14 et une finale de Top 14. (…) Je trouve dommage que sur une faute technique qu’il a faite, il soit sanctionné de la sorte. (…) J’ai essayé de le défendre le mieux possible. Je n’ai pas réussi et je m’en veux beaucoup. »
Le manager souligne l’impact du troisième ligne, au-delà du terrain : « Yacou est avec nous, a fait le voyage avec nous et reste avec nous parce que c’est un leader de mon vestiaire. (…) Bien sûr que les joueurs vont être motivés à l’idée de le voir sur le côté et eux de jouer, avec l’envie de montrer leur meilleur visage. »
Il conclut avec une touche d’humour : « Je suis content, on a plus parlé de Yacouba que de Toulouse, c’est bien. »






