
À quelques jours du choc contre la Nouvelle-Zélande, Maxime Lucu s’apprête à vivre le plus grand moment de sa carrière internationale. Pour la première fois, le demi de mêlée de l’Union Bordeaux-Bègles portera le brassard de capitaine du XV de France.
Une immense fierté pour celui qui n’avait jamais imaginé connaître un tel honneur.
« Fabien m’a proposé d’être le capitaine »
Via Midi Olympique, Maxime Lucu est revenu sur le moment où Fabien Galthié lui a annoncé sa nomination.
« Ça s’est passé le dimanche, en arrivant à Marcoussis, quand on a rejoint le groupe après le match de l’Angleterre. Fabien m’a rapidement convoqué et m’a proposé d’être le capitaine de la tournée, et notamment du premier match face à la Nouvelle-Zélande. Ça s’est fait aussi simplement que ça. Il m’a demandé si j’étais d’accord, si je le sentais. »
Le demi de mêlée avait aperçu les premières rumeurs, mais il préférait attendre une confirmation officielle.
« Oui, je l’avais vu. J’ai d’ailleurs reçu pas mal de messages. Mais je ne répondais pas trop. J’ai attendu que Fabien m’en parle en arrivant à Marcoussis. »
« J’ai tout de suite pensé à ma famille »
L’ancien Biarrot reconnaît avoir été submergé par l’émotion.
« Beaucoup de fierté. Porter le maillot de l’équipe de France, c’est déjà quelque chose de fort. Mais le porter en tant que capitaine, contre les All Blacks en Nouvelle-Zélande, c’est encore plus représentatif.
J’ai tout de suite eu des pensées pour ma famille, pour ma compagne, pour mes amis. Ils n’en revenaient pas trop, parce qu’on a vécu pas mal de montagnes russes aussi avec l’équipe de France. Ce sera forcément un moment d’émotion quand je rentrerai avec le maillot de l’équipe de France en premier et qu’il s’agira de faire face au Haka. »
« On est venus ici pour créer un exploit »
Lucu refuse toutefois de se laisser impressionner par le contexte.
« Un peu… Mais si on est venu ici, c’est précisément pour ne pas être intimidés par tout ça, pour être acteurs de ce match. Dans ma carrière, j’ai déjà eu la chance de serrer la main de pas mal de grands capitaines. Mais une fois que le match arrive, on oublie tout. »
Le demi de mêlée estime que cette génération des Bleus est capable de franchir un nouveau cap.
« Exactement. Ce groupe-là est assez fantastique : peu importent les joueurs qui les composent, chacun joue pour essayer de repousser nos limites. Force est de constater que depuis maintenant quelques années, on le fait.
L’année dernière, ça n’a pas été facile pour les mecs qui se sont déplacés mais sur le premier et le troisième test, il y a eu des balles de match dans les dix dernières minutes qui auraient pu tourner en notre faveur. Ça prouve que l’on progresse. Donc, on va essayer de réitérer ces matchs-là, tout en essayant cette fois-ci de faire pencher la balance de notre côté et essayer de créer un exploit qui serait quelque chose de fort pour le sport français. »
« Je ne m’étais jamais imaginé capitaine de l’équipe de France »
Lucu admet que ce brassard représente quelque chose d’inattendu dans sa carrière.
« Je ne m’étais jamais imaginé être capitaine de l’équipe de France. Donc, forcément, il y a eu un petit peu d’appréhension mais c’est mon chemin qui est comme ça. Je veux me lancer dans la bataille sans me poser de questions. »
Enfin, il est revenu sur les moments difficiles traversés sous le maillot bleu, sans parler de revanche.
« Je ne suis pas revanchard. L’équipe de France, à part pour une minorité, ça n’est pas linéaire. La moindre contre-performance, tu la paies. C’est une sélection, c’est comme ça.
J’ai connu des moments compliqués, j’ai été beaucoup critiqué mais derrière, j’ai réussi à rebondir. L’an dernier, j’ai contribué à gagner la compétition en disputant les deux derniers matchs, contre l’Irlande et l’Écosse. Et cette saison, je loupe ce Tournoi entièrement, à l’exception du dernier match de l’Angleterre où je suis 24e. Seule l’équipe de France procure des émotions comme celles-là. Et c’est pour ça que le fait de disputer une tournée dans l’hémisphère Sud, ce que je n’avais jamais pu faire depuis que je suis en équipe de France, ça a du sens. »







