
Pendant plusieurs années, Jefferson Poirot ne s’imaginait plus remettre les pieds en équipe de France. En 2020, le pilier de l’Union Bordeaux-Bègles avait volontairement mis sa carrière internationale entre parenthèses afin de privilégier sa famille, préparer son après-rugby et se consacrer pleinement à son club.
Aujourd’hui, le décor est totalement différent.
À 33 ans, l’ancien capitaine des Bleus retrouve le XV de France avec un état d’esprit nouveau. Plus libéré que jamais, il ne cache plus qu’un immense objectif commence désormais à prendre forme : disputer la Coupe du monde 2027 en Australie avant de mettre un terme à sa carrière.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, Jefferson Poirot s’est confié sur cette nouvelle motivation qui anime la fin de son parcours.
Un retour chez les Bleus qui s’accompagne forcément d’une ambition
Samedi, face à la Nouvelle-Zélande à Christchurch, Jefferson Poirot retrouvera le plus haut niveau international. Un défi immense qui ne l’effraie pas, même s’il reconnaît ressentir une certaine appréhension.
Le Bordelais sait qu’il devra rapidement prouver qu’il mérite sa place.
« Ça met forcément de l’appréhension. Je ne suis pas là pour faire perdre du temps au staff. Si je suis bon et que je peux aider, très bien. Si je ne suis pas bon, je sais que je n’aurai rien à faire là et je n’aurai pas de ressentiment. Mais j’ai envie de me tester, surtout après avoir joué des phases finales de Coupe d’Europe. On dit souvent que ça se rapproche du niveau international. Là, on va savoir. »
Pour lui, cette sélection n’a rien d’un cadeau. Elle représente surtout une opportunité de vérifier qu’il peut encore évoluer au plus haut niveau mondial.
La Coupe du monde 2027 est désormais dans un coin de sa tête
Même si Jefferson Poirot refuse de brûler les étapes, il reconnaît que cette convocation a changé beaucoup de choses.
Car une fois revenu dans le groupe France, difficile de ne pas penser à ce qui pourrait suivre.
Le pilier avoue désormais regarder vers l’Australie avec envie.
« Maintenant que je suis là, forcément… Si j’ai accepté de revenir, ce n’est pas juste pour jouer un Championnat des nations l’été. J’avance au jour le jour, je veux voir si je suis au niveau et je vais tout faire pour rester, c’est mon état d’esprit. Après, si je suis hors sujet dans quelques jours, on n’en parlera plus… »
Le rêve est désormais bien présent, même s’il dépendra de ses performances dans les prochains mois.
Il réalise qu’il pourrait terminer sa carrière de la plus belle des manières
Lorsque Fabien Galthié a dévoilé sa liste, Jefferson Poirot s’est surpris à faire un calcul auquel il n’avait jamais vraiment pensé.
Une participation au Mondial 2027 lui permettrait tout simplement de terminer sa carrière internationale sur la plus grande compétition de la planète.
Cette idée l’a immédiatement fait sourire.
« Je l’ai fait au moment où la liste est tombée. Là, j’ai fait le calcul et je me suis dit que quelque chose de magnifique pouvait arriver. Jouer une Coupe du monde en étant au chômage, ce n’est pas banal (rires). »
Une manière fidèle à son humour de rappeler qu’il a déjà prévu de raccrocher les crampons au terme de son contrat.
Après deux titres européens, il rêve désormais d’un Bouclier de Brennus
Avant de penser à la Coupe du monde, Jefferson Poirot n’oublie pas les objectifs qui lui restent avec l’Union Bordeaux-Bègles.
Longtemps, il avait refusé de quitter la Gironde malgré plusieurs sollicitations, convaincu qu’il finirait par gagner avec son club de cœur.
Il a finalement été récompensé avec deux sacres européens consécutifs.
Il revient avec émotion sur cette fidélité.
« J’ai été entêté. On a longtemps galéré. J’ai eu pas mal d’opportunités pour partir dans d’autres clubs mais j’ai répété cet objectif de gagner quelque chose avec l’UBB. On m’a pas mal chambré là-dessus, mais je l’ai eu ce titre. Deux fois même, en étant à chaque fois sur le terrain, à 100 % de mes capacités. »
Le Bouclier de Brennus constitue désormais le grand trophée qui manque encore à son palmarès.
Choisir entre le Brennus et la Coupe du monde ? Impossible pour lui
En fin d’entretien, Jefferson Poirot s’est vu poser une question aussi simple qu’impossible.
Préférerait-il enfin remporter le Bouclier de Brennus avec Bordeaux ou participer à la Coupe du monde 2027 avec le XV de France ?
Le pilier n’a pas réussi à trancher.
Sa réponse résume parfaitement l’état d’esprit dans lequel il aborde cette dernière ligne droite de sa carrière.
« Ah non, vous ne pouvez pas me demander ça (rires) ! Impossible, je ne peux pas… Je prends les deux pour zéro euro ! »
Après avoir volontairement quitté l’équipe de France il y a six ans, Jefferson Poirot ne cache plus son envie de profiter pleinement de chaque instant sous le maillot bleu. Et si son pari se poursuit, il pourrait bien vivre la plus belle fin de carrière imaginable, avec un dernier Mondial en Australie avant de raccrocher définitivement les crampons.






