
Absent du Tournoi des Six Nations cet hiver, Damian Penaud retrouve enfin le maillot du XV de France. Le meilleur marqueur d’essais de l’histoire des Bleus sera titulaire ce samedi face à la Nouvelle-Zélande, à Christchurch, pour le lancement du Championnat des Nations.
Une opportunité importante pour l’ailier de l’Union Bordeaux-Bègles, déterminé à retrouver une place durable dans les plans de Fabien Galthié à un peu plus d’un an de la Coupe du monde 2027.
Une éviction qui a marqué un tournant
La non-sélection de Damian Penaud pour le Tournoi des Six Nations avait constitué une véritable surprise.
Pour la première fois depuis l’arrivée de Fabien Galthié à la tête du XV de France en 2020, le meilleur marqueur d’essais de l’histoire des Bleus avait été écarté pour des raisons sportives.
Le sélectionneur souhaitait instaurer davantage de concurrence mais reprochait également à son ailier certaines lacunes dans les tâches défensives et les efforts sans ballon.
Plusieurs proches du groupe évoquaient aussi une relation devenue plus distante entre les deux hommes, ainsi que des divergences sur le style de jeu développé par les Bleus.
Une remise en question réussie à Bordeaux
Loin de se laisser abattre, Damian Penaud a profité de cette période pour se remettre en question.
Ses coéquipiers et son staff à l’Union Bordeaux-Bègles assurent avoir vu un joueur profondément transformé dans son investissement.
Pierre Bochaton confirme que cette éviction a laissé des traces.
« Ça l’a touché de ne pas être appelé pour le Tournoi. Il est revanchard, ça se voit. »
Maxime Lucu préfère, lui, employer un autre terme.
Le capitaine bordelais nuance cette idée de revanche.
« Je ne sais pas si le mot revanche est approprié pour Damian. Je trouve ce mot un peu négatif. Mais ça a été difficile pour lui. »
Sous les ordres de Yannick Bru, Penaud a notamment accepté d’évoluer au centre, un poste plus exigeant défensivement.
Le manager de l’UBB a salué son évolution.
« On a retrouvé un Damian équipier modèle, hyper professionnel (…) avec une implication décuplée, au service de l’équipe. (…) Il a cherché à comprendre, à gratter ces petits gains marginaux pour progresser et s’est rajouté du travail. »
Même constat chez Maxime Lucu.
Le demi de mêlée souligne les progrès réalisés.
« Il a compris qu’il devait faire plus d’efforts sur le terrain et lors des semaines d’entraînement. Il a fait des efforts sur tous ces petits détails qui font le rugby moderne, pour être encore plus complet. On en a bien profité à Bordeaux. »
Une place à reconquérir avant le Mondial
Malgré une saison très chargée et la naissance récente de son premier enfant, Elio, le 1er juin, Damian Penaud n’a pas hésité à participer à cette tournée dans l’hémisphère sud.
Pour Yannick Bru, cette décision illustre parfaitement son état d’esprit.
Le manager bordelais ne doute pas de sa motivation.
« L’équipe de France, c’est une grande partie de lui, c’est un compétiteur et il veut reconquérir sa place pour la Coupe du monde. »
Fabien Galthié confirme d’ailleurs que l’ailier lui a clairement affiché ses ambitions.
Le sélectionneur raconte leur échange.
« Quand je suis allé à Bordeaux, il m’a dit : « Je veux en être. » Rien n’est plus fort que la volonté d’un joueur. S’il a été piqué, c’est normal. Il n’a pas lâché le morceau et il fait partie des joueurs qui ont beaucoup à gagner sur cette compétition et dès ce premier rendez-vous. »
Un duel à distance avec Théo Attissogbe
En l’absence de Louis Bielle-Biarrey, laissé au repos cet été, Damian Penaud et Théo Attissogbe auront tous les deux une belle carte à jouer face aux All Blacks.
À un peu plus d’un an de la Coupe du monde, chaque performance comptera dans la hiérarchie des ailes du XV de France.
À Christchurch, chaque ballon haut, chaque intervention défensive et chaque action offensive pourraient peser lourd dans les choix futurs de Fabien Galthié.







