
Le Stade Toulousain n’aura pas eu longtemps l’occasion de savourer son quatrième Bouclier de Brennus consécutif. Moins d’une semaine après son nouveau sacre en Top 14, le club haut-garonnais a reçu une sanction particulièrement lourde dans le dossier du salary cap.
La commission de discipline indépendante de la Ligue nationale de rugby a condamné le champion de France à une amende de 2 880 570,65 euros pour plusieurs infractions au règlement. Une décision qui pourrait encore faire l’objet d’un appel de la part du président Didier Lacroix.
Mais derrière cette sanction spectaculaire se cache un mécanisme méconnu qui pourrait aboutir à une situation pour le moins étonnante.
Une amende versée à la LNR… avant une future redistribution
Dans un premier temps, la totalité de l’amende est destinée aux caisses de la Ligue nationale de rugby. Si la décision est confirmée, cette somme viendra alimenter les recettes de l’instance qui gère les championnats professionnels.
Or, une grande partie des revenus de la LNR est redistribuée chaque saison aux clubs de Top 14 et de Pro D2.
Le principe est bien établi : environ 70 % sont reversés aux clubs de l’élite et 30 % à ceux de Pro D2. Lors du dernier exercice, cela représentait près de 127 millions d’euros, soit plus des deux tiers des revenus globaux de la Ligue.
Plus de 1,9 million d’euros pourraient revenir aux clubs
En appliquant ce même mécanisme à l’amende infligée au Stade Toulousain, une partie de cette somme pourrait donc revenir dans le circuit économique du rugby professionnel.
À titre de projection, près de 1,98 million d’euros seraient ainsi redistribués à l’ensemble des clubs. La part destinée au Top 14 atteindrait environ 1,38 million d’euros.
Répartie entre les quatorze clubs de l’élite, cette enveloppe représenterait un peu moins de 100 000 euros par équipe, soit environ 98 800 euros chacune.
Un paradoxe qui ne change pas le poids de la sanction
Ce fonctionnement peut surprendre puisqu’il signifie que le Stade Toulousain participerait indirectement à cette redistribution collective et pourrait lui aussi bénéficier d’une petite partie des sommes versées comme l’explique La Dépêche.
Pour autant, cela ne modifie évidemment pas l’ampleur de la sanction financière. Même en tenant compte de ce mécanisme, le club toulousain resterait très largement perdant après cette condamnation, qui constitue l’une des plus importantes jamais prononcées dans le cadre du règlement du salary cap.
L’avenir du dossier dépend désormais d’un éventuel recours. Si le Stade Toulousain décide de faire appel, le montant définitif de la sanction pourrait encore évoluer dans les prochaines semaines.







