
Le président de la Fédération française de rugby veut désormais tourner la page du redressement financier de la FFR pour s’attaquer à un autre chantier : celui des finances des clubs. Lors du Congrès fédéral, Florian Grill a confirmé sa volonté de renforcer les contrôles économiques en Nationale et Nationale 2, tout en appelant les dirigeants à construire des projets plus durables, centrés sur la formation plutôt que sur une course aux dépenses.
Florian Grill veut durcir les règles financières
Après trois années consacrées à remettre les comptes de la Fédération à flot, Florian Grill estime qu’il est temps d’appliquer la même rigueur aux divisions fédérales.
Le président de la FFR annonce via Midi Olympique un changement important dans le contrôle des clubs.
« On va aussi renforcer le contrôle financier, en disant clairement qu’on fera des homologations de contrats en fonction de la capacité des clubs à démontrer qu’ils ont les moyens de payer. »
Pour lui, certains dirigeants continuent de prendre des risques déraisonnables.
Il n’hésite pas à pointer certaines pratiques qu’il juge dangereuses.
« Il y a parfois des chefs d’entreprise ou des présidents qui sont ultra-rationnels quand il s’agit de leur entreprise et totalement irrationnels quand il s’agit de rugby. Ils dépensent l’argent qu’ils n’ont pas. »
Son objectif est désormais de remettre tout le monde sur des bases plus saines.
Le patron du rugby français explique sa philosophie.
« Nous, on veut revenir à des règles saines. »
La formation avant tout
Pour Florian Grill, un club ne doit pas construire son projet uniquement autour de son équipe première.
Avant de penser recrutement ou montée de division, il estime qu’il faut d’abord consolider les fondations.
Le président rappelle ce qui doit être la priorité.
« Il faut déjà assumer la base : les cadets, les joueurs, les cadettes, un socle de formation qui donne du sens à un club. »
Cette réflexion accompagne la réforme de la pyramide des compétitions, destinée à rendre les championnats plus cohérents et économiquement plus viables.
Florian Grill revient sur les objectifs de cette réforme.
« Cette pyramide n’en était pas une. Elle était complètement déséquilibrée. Il fallait renforcer la base, c’est ce que nous faisons. »
Il justifie également les évolutions des championnats.
« En rajoutant deux équipes, on permet un peu plus de matchs, un peu plus de recettes, et en Nationale 2 on oblige à moins de kilomètres. »
Le redressement de la FFR comme modèle
Avant de demander des efforts aux clubs, Florian Grill rappelle que la Fédération a elle-même traversé une période extrêmement délicate.
Aujourd’hui, il estime que le travail entrepris commence à porter ses fruits.
Le président détaille les résultats obtenus.
« Les comptes sont maintenant assainis. On a réussi à dégager 4 millions d’euros et, avec la part de CVC que l’on utilisait d’habitude pour boucher les trous, on obtient même un résultat net positif de plus de 12 millions d’euros. On reconstitue les fonds propres de la FFR. C’est un vrai redressement. »
Un soulagement dont il ne cache pas l’importance.
Florian Grill revient sur les inquiétudes qui l’ont accompagné au début de son mandat.
« Oui, car j’ai eu très peur il y a trois ans et j’ai encore eu très peur il y a deux ans et demi quand j’ai découvert les dégâts liés à la Coupe du monde 2023. Sincèrement, je me suis dit que ce serait difficile. »
Puis il conclut avec une certaine fierté.
« On a fait preuve de résilience et d’efficacité dans les moments difficiles. »
Le rugby doit avoir un rôle au-delà du terrain
Au-delà des finances, Florian Grill a également défendu sa vision d’une « Fédération à missions », convaincu que le rugby ne doit pas seulement former des joueurs.
Il résume ainsi sa philosophie.
« Quand tu donnes du sens à ce que tu fais, tu démultiplies ta performance. »
Avant de conclure sur ce qu’il considère comme la véritable mission du rugby.
« Je ne leur dis pas seulement que le rugby est un sport génial ; je leur dis qu’on ne transforme pas que les essais, on transforme les personnes. Faire le choix du rugby, c’est un choix de société, un choix d’éducation. »







