
Trois ans après avoir été contraint de mettre un terme à sa carrière en France en raison d’une anomalie cardiaque, Virimi Vakatawa est tout près de retrouver le rugby international.
L’ancien centre du XV de France pourrait être aligné samedi avec les Fidji face à l’Angleterre, dans le cadre du Championnat des Nations.
Une carrière relancée loin de la France
En septembre 2022, Virimi Vakatawa apprenait qu’il ne pouvait plus évoluer au plus haut niveau en France. Une décision qui avait bouleversé le joueur, mais aussi tout le rugby français.
Pourtant, dès 2023, il retrouvait les terrains en Angleterre avec Bristol avant de rejoindre les Fijian Drua, où il évolue désormais en Super Rugby.
À 34 ans, l’ancien international français remplit désormais les critères de World Rugby lui permettant de représenter les Fidji, pays dont ses parents sont originaires.
Pourquoi il peut jouer ailleurs mais pas en France
Le cas de Virimi Vakatawa s’explique avant tout par des réglementations différentes selon les pays.
Bernard Dusfour, président de la commission médicale de la Ligue nationale de rugby, rappelle le cadre juridique français dans les colonnes de L’équipe :
« Oui, c’est une belle histoire. On a un règlement, en France, qui est régi par le législateur. Il y a un code du travail et la santé de l’employé est sous la responsabilité, pour un joueur professionnel, de son club, et, pour un amateur, de la Fédération. »
Selon lui, la décision ne repose pas uniquement sur un avis médical.
Il poursuit son explication.
« Ensuite, il y a une recommandation qui est faite par des cardiologues du sport, et l’employeur se plie à cette recommandation de ce collège de cinq cardiologues. Il a donc été décidé que Vakatawa ne pouvait plus jouer en France. »
L’objectif est avant tout de protéger le joueur mais aussi les clubs.
Bernard Dusfour insiste sur ce point.
« C’est un principe de précaution avec un risque de responsabilité pénale et juridique s’il lui arrive quelque chose. »
En revanche, les règles ne sont pas les mêmes outre-Manche.
Le président de la commission médicale résume la différence.
« Là-bas, il lui suffit de signer un papier et il peut jouer, ce qui est encore une fois impossible, en France. »
Ses proches admirent son parcours
Ces derniers mois, Virimi Vakatawa a montré qu’il n’avait rien perdu de ses qualités. Avec les Barbarians, il s’est notamment illustré face à l’Afrique du Sud puis au pays de Galles.
Le demi de mêlée uruguayen de Castres, Santiago Arata, suit son parcours de près.
Il explique avoir immédiatement pris contact avec lui lorsqu’il a appris sa sélection avec les Fidji.
« Je le connais bien. On s’est rapproché après la mort de Josaia Raisuqe. Quand j’ai appris pour les Fidji, je lui ai envoyé un message, je l’ai félicité. Cela signifie beaucoup pour lui, j’espère qu’il va jouer. Il le mérite car il a fait des putains de performance. C’est une opportunité incroyable, les Fidji, même s’il est parti tôt, c’est son héritage. »
Pour Arata, le grand public ne mesure pas tout ce que Vakatawa a traversé.
Le Castrais salue surtout son état d’esprit.
« On connaît la fin de l’histoire, mais pas ce qu’il a vécu. Moi, je suis sanguin, mais lui, il n’est pas revanchard, il n’en veut pas aux médecins, au Racing. Il ne cesse de les remercier. »
Enfin, Santiago Arata conclut en évoquant la foi qui anime son ami.
Une philosophie qui, selon lui, a permis à Vakatawa de rebondir.
« Je suis croyant, il est croyant. Et il y a une phrase qu’on utilise beaucoup en Uruguay : « Le plan de Dieu est parfait ». Même si, parfois, il te fait vivre des moments difficiles, et les obstacles sont rudes. Il faut garder la foi, il l’a gardée, et réussi ce qu’il voulait, se battre pour ne pas finir comme ça sa carrière. »
La Coupe du monde 2027 dans le viseur
En fin de contrat avec les Fijian Drua, Virimi Vakatawa réfléchit désormais à la suite de sa carrière. Une prolongation lui a été proposée, mais plusieurs options restent ouvertes, notamment en Angleterre où réside son épouse.
S’il parvient à s’imposer avec les Fidji, un nouvel objectif pourrait rapidement se dessiner : disputer la Coupe du monde 2027 en Australie. Une perspective totalement inimaginable il y a encore trois ans, lorsque sa carrière semblait définitivement terminée.







