
Titulaire pour la deuxième fois consécutive avec le XV de France, Lenni Nouchi savoure pleinement cette tournée estivale.
Avant d’affronter le Japon ce samedi, le troisième ligne de Montpellier est revenu sur son parcours, de ses premiers pas dans le rugby à son retour en sélection, en passant par une étonnante anecdote qui a marqué son enfance.
À seulement 22 ans, le capitaine du MHR s’impose progressivement comme l’un des visages de la nouvelle génération tricolore. Une ascension construite avec patience… et beaucoup de plaisir.
Le pain au chocolat qui a tout changé
Avant de découvrir le très haut niveau, Lenni Nouchi a d’abord cherché une chose : prendre du plaisir sur un terrain.
Après un premier passage à Béziers qui ne lui convenait pas, il a rejoint le club voisin de Servian-Boujan, où il a retrouvé le sourire.
Lenni Nouchi explique pourquoi il a changé de club lorsqu’il était enfant.
« Il y avait un éducateur vraiment pas sympa, et moi j’avais juste envie de m’amuser. Un ami à moi me dit : « Je vais à Servian-Boujan, juste à côté, on va se régaler. » Du coup je suis parti avec lui, et j’ai fait quatre ans là-bas. »
Le troisième ligne garde un souvenir très particulier de cette période.
« C’est des trucs bêtes, mais à la fin des entraînements, on avait le pain au chocolat avec le jus d’orange, et petit ça me faisait plaisir. J’avais juste envie de m’amuser. »
De retour ensuite à Béziers, où il a été entraîné pendant plusieurs années par son père, il a poursuivi sa progression avant d’intégrer le centre de formation de Montpellier à 17 ans.
« Je n’étais pas au niveau »
Champion du monde U20 en 2023 comme capitaine, puis appelé pour la première fois avec le XV de France à l’été 2024, Lenni Nouchi a ensuite connu une période plus compliquée.
Loin de se chercher des excuses, il reconnaît que sa baisse de niveau explique son absence des Bleus.
Le Montpelliérain revient avec franchise sur cette période.
« Parce que j’étais moins bon. Je n’étais pas au niveau. Alors là, commencer contre l’Australie, c’était une satisfaction. De pouvoir montrer que j’avais travaillé sur les axes qu’ils m’avaient demandés. Tous ces détails où ils me demandaient d’être beaucoup plus précis. »
Pour lui, ce retour est aussi la conséquence de la très belle saison réalisée par Montpellier, finaliste du Top 14 et vainqueur du Challenge européen.
Bakkies Botha comme modèle et la Coupe du monde en ligne de mire
Dur sur les contacts, Lenni Nouchi avoue avoir longtemps pris exemple sur une légende sud-africaine.
Le troisième ligne révèle quel joueur l’a inspiré durant son enfance.
« Vu que mon papa était deuxième ligne et que je voulais lui ressembler, j’ai choisi Bakkies Botha, c’était ma référence. Du brutal. Après, plus j’ai grandi, plus j’ai choisi les troisièmes lignes, ça jouait un peu mieux au rugby quand même. »
Nommé capitaine de Montpellier à seulement 20 ans, il reconnaît avoir rapidement dû apprendre à gérer la pression.
Lenni Nouchi raconte ses premiers pas dans ce rôle.
« Dans le vestiaire, il y avait des mecs comme Yacouba Camara, Paul Willemse. Je me disais : mais qu’est-ce que je fais ici, moi ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire avant le match ? Ça m’a mis pas mal de pression, mais ça a porté ses fruits. »
Le Mondial 2027 figure évidemment dans un coin de sa tête, mais le troisième ligne refuse de brûler les étapes.
Le jeune international préfère rester concentré sur le présent.
« Il n’y a pas d’étape à brûler. La saison va reprendre avec Montpellier. Et prétendre à une Coupe du monde, c’est avant tout être bon en club. Si les performances suivent, l’objectif de la Coupe du monde grandira. »
Avant de penser à l’Australie, Lenni Nouchi veut déjà conclure cette tournée sur une bonne note face au Japon. Avec, en ligne de mire, un objectif collectif assumé.
Le Montpelliérain affiche clairement les ambitions des Bleus.
« Quand on joue avec l’équipe de France, on doit vouloir gagner tous les trophées possibles, donc oui, c’est plaisant. »






