
Pendant des années, le débat a animé le rugby français. Fallait-il confier les clés du XV de France à Romain Ntamack ou à Matthieu Jalibert ? Les deux ouvreurs, aux profils radicalement différents, semblaient condamnés à se disputer le même poste, alimentant sans cesse les comparaisons et les débats entre supporters.
Le Championnat des Nations a pourtant rebattu les cartes. En associant les deux hommes contre l’Australie puis le Japon, Fabien Galthié a peut-être trouvé une solution durable à l’un de ses plus grands casse-têtes.
Une complémentarité plutôt qu’une concurrence
Sur le papier, Matthieu Jalibert débutait à l’arrière et Romain Ntamack à l’ouverture. Dans les faits, les deux internationaux ont constamment alterné les rôles. Chacun est venu organiser le jeu, lancer les attaques ou se proposer dans la ligne, sans jamais donner l’impression de se gêner.
Cette animation à deux ouvreurs a permis au XV de France de varier davantage ses lancements de jeu et d’offrir plus d’incertitudes aux défenses adverses.
Surtout, chacun a pu exprimer ce qui fait sa force. Romain Ntamack a apporté sa maîtrise tactique, sa qualité de gestion et sa solidité défensive. Matthieu Jalibert, lui, a multiplié les prises d’initiative, les accélérations et les différences balle en main.
Les chiffres du Bordelais illustrent parfaitement cette réussite. Lors de ses deux premières titularisations à l’arrière avec les Bleus, il a cumulé 27 ballons portés, 15 défenseurs battus, trois franchissements, deux essais et une passe décisive.
Le retour de Thomas Ramos ouvre encore plus de possibilités
Cette réussite offre désormais une nouvelle dimension au staff tricolore. Jusqu’à présent, les associations les plus naturelles étaient Ntamack-Ramos ou Jalibert-Ramos. La tournée estivale a prouvé qu’un duo Ntamack-Jalibert pouvait lui aussi fonctionner au plus haut niveau.
Et avec le retour attendu de Thomas Ramos en novembre, Fabien Galthié disposera de trois joueurs capables d’évoluer dans cette organisation hybride entre l’ouverture et l’arrière.
Le sélectionneur ne devra plus choisir entre Ntamack et Jalibert. Il pourra désormais adapter son association en fonction de l’adversaire, de l’état de forme de ses joueurs ou du scénario d’un match.
Cette tournée n’a donc pas seulement permis aux Bleus de terminer en tête de la poule Nord. Elle a peut-être révélé une nouvelle arme tactique qui pourrait accompagner le XV de France jusqu’à la Coupe du monde 2027.







