
Contrainte de mettre un terme à sa carrière à seulement 29 ans, Romane Ménager souhaite désormais que son histoire puisse servir à d’autres. Au-delà de sa retraite forcée, l’ancienne internationale française veut surtout faire passer un message aux sportifs confrontés aux commotions cérébrales : ne jamais affronter cette épreuve seul.
Au fil de son long combat, la troisième ligne des Bleues explique avoir trouvé un immense réconfort auprès d’anciens joueurs et joueuses passés par les mêmes difficultés. Des échanges qui lui ont permis de comprendre qu’elle n’était pas seule à vivre ces symptômes parfois difficiles à expliquer.
« On se retrouve souvent isolés »
Romane Ménager raconte dans L’équipe que discuter avec d’autres sportifs ayant connu des commotions a profondément changé sa manière de vivre cette période.
L’ancienne troisième ligne explique pourquoi ces échanges ont été si importants pour elle.
« Oui, en discuter avec d’anciens joueurs et d’anciennes joueuses qui l’ont vécu, ça m’a fait vraiment beaucoup de bien. Parce qu’on se retrouve souvent isolés et on a du mal à en parler, c’est compliqué à définir. »
Aujourd’hui, elle espère que son témoignage permettra à d’autres de franchir ce pas et d’oser parler de leurs difficultés.
Romane Ménager livre le principal message qu’elle souhaite transmettre après cette épreuve.
« Avec le recul, le message que je veux surtout passer, c’est de ne pas s’isoler. Ce qui m’a fait le plus de bien, c’est de me rendre compte que je n’étais pas toute seule et que ce que je vivais était réel. Parce que parfois, on se demande si on n’est pas en train de somatiser et de psychoter un peu. Mais non, on le vit, c’est juste difficile à expliquer. »
« On se pense un peu surhumain »
Avec le recul, Romane Ménager reconnaît qu’il lui a fallu du temps avant d’accepter pleinement sa situation. Comme beaucoup de sportifs de haut niveau, elle pensait que ce type de problème ne pouvait arriver qu’aux autres.
Elle admet qu’il était très difficile d’être totalement honnête avec elle-même lorsqu’elle était encore joueuse.
« Oui, c’est plus facile de le dire maintenant dans ma posture. En tant que joueuse, c’était très complexe d’être honnête avec moi ou les gens qui m’entouraient. On a peur d’en parler. Et on évolue dans un univers sportif où on se pense un peu surhumain et infaillible. »
Malgré la brutalité de cette fin de carrière, Romane Ménager refuse de résumer son parcours à cette ultime épreuve.
Elle préfère retenir tout ce que le rugby lui a apporté au fil de ses 68 sélections avec le XV de France.
« Je suis profondément heureuse de ce que j’ai vécu. Il n’y a pas eu que du bon. Mais avec le recul, c’est ce que je retiens principalement. Le rugby m’a beaucoup apporté, il m’a permis de rencontrer beaucoup de monde. Je ressens beaucoup de gratitude. La fin n’est pas celle que j’aurais voulue. Mais je ne suis pas sûre que ce soit ce qu’on retiendra de l’aventure. »







