
Après plus de quinze ans passés à arbitrer le rugby professionnel, Mathieu Noirot tourne la page avec une multitude de souvenirs. Des rencontres totalement improbables aux stades qui l’ont le plus marqué, l’ancien arbitre central a accepté de revenir sur quelques épisodes qui ont jalonné sa carrière.
Entre un match devenu complètement fou, une passe involontaire en pleine rencontre de Pro D2 ou encore son choix de terminer à Vannes, Noirot raconte avec beaucoup de recul les moments qui l’ont le plus marqué.
Le match complètement fou où il a sorti cinq cartons jaunes
S’il ne devait retenir qu’une rencontre parmi toutes celles qu’il a dirigées, Mathieu Noirot pense immédiatement à un match de Pro D2 entre Nevers et Grenoble.
Cette rencontre a rapidement basculé dans l’irrationnel comme il l’explique dans Midi Olympique.
« C’est un match de Pro D2 entre Nevers et Grenoble. J’ai vécu un moment assez incroyable puisque j’ai dû sortir cinq cartons jaunes en vingt minutes. Je me suis demandé si les joueurs ne le faisaient pas exprès (rires). »
L’ancien arbitre se souvient d’une partie particulièrement difficile à maîtriser, au point d’avoir envisagé l’arrêt du match.
Une équipe s’est même retrouvée à douze joueurs pendant quelques instants.
« Ces cartons ont été sortis après des situations complexes à gérer. Et surtout, avec une équipe à douze pendant quelques secondes, nous n’étions pas loin d’arrêter le match. C’était assez rocambolesque. »
Pourquoi il a choisi La Rabine pour sa dernière
Au moment de mettre un terme à sa carrière d’arbitre central, Mathieu Noirot avait une idée très précise de l’endroit où il souhaitait vivre ce dernier rendez-vous.
Son choix s’est porté sur le stade de La Rabine, à Vannes.
« Je vais choisir la facilité : La Rabine à Vannes. J’ai souhaité terminer là-bas. Je trouve que c’est la plus belle ambiance. Le public est vraiment passionné tout en étant respectueux. »
Ce choix n’avait rien d’un hasard.
Il voulait avant tout quitter les terrains sans polémique.
« Le RCV recevait Dax, il n’y avait donc pas d’enjeu. Je ne voulais pas avoir un match complexe à arbitrer pour finir. Le but était de mettre toutes les chances de mon côté pour réaliser la meilleure sortie possible. C’est ce qui est arrivé. Tout s’est très bien passé. J’aurais mal vécu le fait d’arrêter après une polémique ou autre. Des rencontres tendues, j’en ai dirigées énormément, je ne recherchais pas cette tension-là pour ma dernière sortie. Je me suis contenté d’être rigoureux et efficace dans une partie où le résultat était secondaire. »
Cette passe involontaire qui le fait encore sourire
Parmi les anecdotes les plus insolites de sa carrière, une action disputée lors d’un Aurillac – Bourgoin occupe une place particulière.
Pendant quelques secondes, l’arbitre a oublié… qu’il était arbitre.
« Étant ancien joueur et entraîneur de formation, je me suis pris pour un rugbyman professionnel pendant quelques secondes. Sur une contre-attaque, un joueur s’est trompé et m’a fait la passe. De mon côté, au lieu de stopper le jeu, j’ai fait une passe sur un pas et l’action s’est poursuivie sur les extérieurs. »
Il lui faudra plusieurs dizaines de mètres avant de réaliser son erreur.
Avec le recul, cette scène le fait toujours autant rire.
« Ce n’est qu’au bout de quelques secondes, trente voire quarante mètres plus loin, que je me suis dit : « Non mais ce n’est pas possible, tu ne peux pas laisser jouer. » (…) J’ai juste voulu aider l’équipe qui attaquait (rires). Cette action est encore dans mon esprit tant c’était magique. »
Les capitaines, ses meilleurs interlocuteurs
Au moment d’évoquer les joueurs qui l’ont marqué, Mathieu Noirot refuse de citer un nom en particulier. En revanche, il garde un excellent souvenir des échanges entretenus avec les capitaines tout au long de sa carrière.
Même les plus difficiles représentaient un défi stimulant à ses yeux.
« J’ai toujours eu de bonnes relations avec les capitaines. Même si ça pouvait parfois être du sport (rires). Un capitaine compliqué était un défi pour moi. Je trouvais ça même intéressant. Ils nous forcent à contrôler notre communication alors que leur comportement n’est pas adapté. Ça forge, parfois. »







