
Près de deux ans après la disparition de Medhi Narjissi en Afrique du Sud, l’instruction judiciaire est sur le point d’entrer dans sa dernière phase. La juge chargée du dossier a fait savoir qu’elle envisageait de clôturer l’information judiciaire, une perspective qui inquiète les proches du jeune rugbyman.
Les parents de l’ancien international français U18, accompagnés de leurs avocats, estiment que plusieurs zones d’ombre demeurent et souhaitent que de nouvelles investigations soient menées avant qu’une décision définitive ne soit prise.
Une instruction bientôt close
Disparu le 7 août 2024 lors d’un stage de l’équipe de France U18 sur la plage de Dias Beach, en Afrique du Sud, Medhi Narjissi avait été emporté par les vagues au cours d’une séance de récupération organisée sur un site réputé dangereux.
Depuis, une information judiciaire a été ouverte afin de déterminer les responsabilités. En avril 2026, la Fédération française de rugby a notamment été mise en examen pour homicide involontaire.
Fin juillet, la juge d’instruction Agnès Navarro a informé la famille qu’elle envisageait désormais d’engager la procédure prévue par l’article 175 du Code de procédure pénale, première étape vers la clôture de l’information judiciaire.
Maître Édouard Martial est revenu sur cette annonce via France 3 :
« Elle nous a annoncé qu’elle quittait son poste, puisqu’elle est promue à une autre fonction. Elle nous a indiqué qu’elle envisageait de clôturer l’information judiciaire, tout en restant à l’écoute des observations que nous souhaitions lui présenter. »
Les avocats demandent de nouvelles investigations
La famille Narjissi estime que plusieurs responsabilités potentielles restent encore à examiner.
Les avocats ont notamment demandé un réquisitoire supplétif afin que soient étudiés des faits de mise en danger de la vie d’autrui en amont du drame. Ils souhaitent également que la responsabilité personnelle du président de la Fédération française de rugby, Florian Grill, soit examinée.
Maître Édouard Martial détaille ces demandes.
« Nous avons demandé un réquisitoire supplétif concernant la responsabilité personnelle de Florian Grill, mais aussi pour des faits de mise en danger de la vie d’autrui visant les encadrants présents le jour du drame. »
Les représentants de la famille souhaitent aussi que le voyagiste ayant accompagné la délégation en Afrique du Sud soit entendu par la justice.
Un recours examiné en septembre
Selon les avocats, ce voyagiste connaissait parfaitement la plage de Dias Beach et en avait identifié les dangers lors de précédents séjours.
Maître Édouard Martial explique pourquoi cette audition lui paraît indispensable.
« Nous avons également demandé l’audition, par la police sud-africaine, du voyagiste présent avec le groupe. Il connaissait cette plage et, les années précédentes, il la considérait déjà comme dangereuse. Il déconseillait d’y emmener des mineurs. Pourtant, il n’a jamais été entendu par la police française. Il l’a seulement été dans le cadre de l’enquête administrative. »
Cette demande d’acte ayant été rejetée par le juge d’instruction, les avocats ont fait appel.
L’avocat précise désormais la prochaine échéance judiciaire.
« Le juge d’instruction a refusé cette demande. Nous avons donc fait appel devant la chambre de l’instruction, qui examinera ce recours le 2 septembre. »
Alors que l’instruction semble approcher de son terme, la famille de Medhi Narjissi affirme vouloir poursuivre son combat afin que toutes les responsabilités soient établies et que les circonstances du drame soient pleinement éclaircies.






