
Le temps semble ne jamais avoir de prise sur Ma’a Nonu. Onze ans après avoir disputé son dernier match sous le maillot des All Blacks, le mythique trois-quarts centre néo-zélandais s’apprête à retrouver la sélection qui a marqué sa carrière. Cette fois, ce sera en adversaire.
À 44 ans, le double champion du monde pourrait effectuer ses débuts avec les Sharks de Durban, mardi face à la Nouvelle-Zélande, à l’occasion de la tournée des All Blacks en Afrique du Sud.
Un rendez-vous chargé en émotion qui vient prolonger une carrière hors normes.
Onze ans après son dernier match avec les All Blacks
La dernière apparition de Ma’a Nonu avec la Nouvelle-Zélande remonte au 31 octobre 2015.
Ce jour-là, à Twickenham, les All Blacks dominaient l’Australie (34-17) en finale de la Coupe du monde. Nonu inscrivait alors un essai resté dans toutes les mémoires, concluant une aventure internationale exceptionnelle avec un troisième titre mondial pour son pays, après ceux de 1987 et 2011.
À l’époque, peu imaginaient revoir un jour le centre croiser la route des All Blacks sur un terrain.
Pourtant, onze ans plus tard, c’est bien ce qui va se produire.
Une nouvelle aventure avec les Sharks
Après un troisième passage au Rugby Club Toulonnais, où il a finalement disputé 15 rencontres en un an et demi, Ma’a Nonu a choisi de relever un nouveau défi en rejoignant les Sharks de Durban.
Son rôle dépasse largement le cadre du terrain.
La franchise sud-africaine compte avant tout sur son immense expérience pour accompagner les jeunes joueurs et transmettre les exigences du très haut niveau.
L’ancien ailier des Springboks et entraîneur des Sharks, J.P. Pietersen, résume ce qu’il attend de lui :
« Les meilleurs joueurs ne laissent pas seulement des souvenirs, ils laissent des standards. C’est ce que Ma’a va nous apporter. Chaque conversation, chaque séance d’entraînement, chaque interaction est une occasion pour nos joueurs d’apprendre à quoi ressemble l’excellence. »
Nonu prêt à relever un dernier défi
À peine arrivé à Durban, Ma’a Nonu pourrait pourtant rapidement retrouver le terrain.
J.P. Pietersen a décidé de l’inscrire sur le banc pour cette rencontre de prestige face aux All Blacks.
Une affiche forcément particulière pour l’ancien centre néo-zélandais, qui ne cache pas son enthousiasme à l’idée de vivre cette nouvelle aventure.
« J’ai un immense respect pour JP. Nous avons été concurrents pendant de nombreuses années, et je me réjouis de travailler avec lui et son équipe. C’est une formidable opportunité de rendre au sport ce qu’il m’a apporté. Travailler aux côtés des futures stars de notre sport est passionnant. Je suis impatient de faire tout mon possible pour aider le club pendant mon séjour là-bas. »
Une entrée en jeu très attendue
Au-delà du résultat, l’attention sera surtout portée sur Ma’a Nonu.
Tous les regards seront tournés vers le banc des Sharks, dans l’attente de son éventuelle entrée sur la pelouse du Kings Park de Durban.
Les interrogations sont nombreuses.
Comment réagira-t-il au haka des All Blacks ? Répondra-t-il au Ka Mate, comme Doug Howlett l’avait fait en 2008 avec le Munster avant une rencontre face à la Nouvelle-Zélande ?
Autant de questions qui renforcent encore la dimension symbolique de cette affiche.
Les All Blacks impatients de retrouver leur légende
Dans le camp néo-zélandais aussi, ces retrouvailles sont très attendues.
Neil Barnes, entraîneur adjoint de Dave Rennie, a d’abord préféré plaisanter en évoquant les anciens internationaux présents dans le staff.
« On a Tana Umaga dans l’équipe ! Et s’il ne peut pas tenir sa place… On alignera Tamati Ellison. Cela devrait faire le poids face à son expérience. »
Avant de rendre un hommage appuyé à celui qui a porté le maillot noir à 103 reprises.
« Les gars ont vraiment hâte de se mesurer à lui. Il a tellement apporté à notre maillot. »
Mardi soir, le résultat comptera sans doute davantage pour les All Blacks que pour les Sharks. Mais pour tous les amoureux du rugby, l’essentiel sera ailleurs.
À 44 ans, Ma’a Nonu s’apprête peut-être à vivre la dernière grande émotion de son immense carrière, en retrouvant, le temps d’un match, l’équipe avec laquelle il est entré dans la légende.






