
À quelques jours du premier test-match entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande, la tension monte déjà d’un cran. Entre les analyses de Victor Matfield, les mises en garde de Tana Umaga et l’impatience grandissante autour de cette tournée « Rugby’s Greatest Rivalry », la guerre psychologique est bel et bien lancée avant même le coup d’envoi.
Le rendez-vous est attendu par toute la planète rugby.
Samedi, à l’Ellis Park de Johannesburg, les Springboks et les All Blacks ouvriront une série de quatre confrontations qui opposera les deux nations les plus titrées de l’histoire de la Coupe du monde.
Avant même le premier coup de sifflet, les déclarations se multiplient de part et d’autre.
Victor Matfield estime avoir identifié une faiblesse chez les All Blacks
La Nouvelle-Zélande arrive en confiance après avoir dominé successivement les Stormers (38-21), les Sharks (54-0) puis les Bulls (50-19).
Des prestations qui ont impressionné Victor Matfield.
L’ancien deuxième ligne sud-africain explique :
« Je les trouve en forme. Ils sont vraiment dangereux en transition en ce moment. On retrouve le niveau des All Blacks d’antan. Quelques joueurs m’ont particulièrement impressionné. J’ai trouvé Anton Segner très bon, et Rieko Ioane a été exceptionnel contre les Bulls. Je suis toujours convaincu que le poste de numéro 13 lui convient ; il était vif, rapide, et à chaque fois qu’il touchait le ballon, il était dangereux. Je pense que certains joueurs ont levé la main et ont dit : « Écoutez, on veut être sélectionnés pour le premier test-match ». »
Mais pour le champion du monde 2007, cette série de victoires n’efface pas certaines fragilités.
Selon lui, la deuxième période face aux Bulls a livré de précieux enseignements.
« Mais je pense qu’il y a eu un petit moment en deuxième mi-temps où j’ai eu l’impression que les Springboks ont analysé la situation et se sont dit : « Si on met vraiment la pression, si on impose notre jeu physique, si on les maintient dans leur camp, ils auront l’air vulnérables. » Je pense que quelque chose s’est produit lors de ce match contre les Bulls : en première mi-temps, j’ai trouvé les All Blacks excellents, et puis en deuxième mi-temps, une fois que les Bulls ont commencé à mettre un peu plus de pression, j’ai entrevu quelque chose que j’ai hâte de voir samedi. »
Tana Umaga refuse tout excès de confiance
Du côté néo-zélandais, la prudence reste le maître-mot.
Chargé de la défense des All Blacks depuis plusieurs mois, Tana Umaga se satisfait des progrès observés mais refuse de s’emballer.
Il rappelle :
« Écoutez, nous sommes satisfaits de notre situation actuelle, mais nous ne nous reposons pas sur nos lauriers. »
L’ancien capitaine des All Blacks sait que les Springboks ont considérablement enrichi leur jeu sous la direction de Rassie Erasmus.
Il prévient ses joueurs :
« Avec l’encadrement technique qu’ils ont, nous devons être prêts à tout. »
Pour lui, le défi ne se résume plus à contenir la puissance du paquet d’avants sud-africain.
Il poursuit :
« Ne leur offrez pas d’opportunités dans la zone où ils veulent aller, car cela met en valeur leurs points forts. Bien sûr, tout le monde parle des coups de pied arrêtés, mais ils ont progressé dans leur jeu offensif depuis les lignes arrières et dans l’utilisation judicieuse de leurs avants. »
Face à un pack toujours aussi imposant, Umaga insiste également sur l’exigence physique qui attend les All Blacks.
Il conclut :
« Vu la taille de leur pack et leur déferlement incessant de gros gabarits, je pense que ça va être difficile pour nous. Ils ont vraiment peaufiné leur jeu, notamment grâce à la qualité de leurs arrières. Dès qu’on se concentre sur leur attaque frontale, ils cherchent des espaces sur les ailes et dans leur dos. Si on se focalise sur une chose, on en perd une autre de vue. Ils sont capables de passer facilement de l’une à l’autre. »
Une rivalité qui s’annonce électrique
Cette tournée baptisée « Rugby’s Greatest Rivalry » ne se résumera pas à un seul affrontement.
Les deux sélections se retrouveront à quatre reprises au cours des prochaines semaines, avec un double objectif : remporter cette série prestigieuse et envoyer un message fort à un peu plus d’un an de la Coupe du monde 2027.
Avant même le premier test à Johannesburg, les débats ont déjà commencé en dehors du terrain. Désormais, place au rugby.







