
Victorieux de Biarritz (42-26) pour son premier match de préparation, l’Aviron Bayonnais a rempli une première partie de sa mission. Si Camille Lopez s’est réjoui de cette victoire dans le derby, l’entraîneur des trois-quarts estime que son équipe possède encore une importante marge de progression avant la réception du Stade Toulousain, vendredi prochain.
Pour le technicien bayonnais, cette première sortie devait avant tout permettre de mesurer les effets des cinq semaines de préparation estivale.
« Il faut garder le positif »
Dans les colonnes de Sud-Ouest, Camille Lopez reconnaît que la prestation de son équipe a été irrégulière, mais il retient avant tout la victoire et les progrès affichés après la pause.
« C’est toujours mieux de gagner. L’année dernière, on avait démarré la saison par une défaite contre le BO et ça ne fait jamais plaisir. Au-delà du contexte du derby, c’était une première sortie pour nous, après une préparation intense. Le but était de voir un peu où on en était. On savait que ça allait être un peu brouillon, ça l’a été. La première mi-temps a été très brouillonne de notre côté, et en seconde il y a un peu de mieux. On aimerait en voir un peu plus, forcément. Quand on est exigeant, on en veut toujours plus. Mais il faut garder le positif. On savait très bien que tout n’allait pas être parfait dès ce jeudi soir. »
Le succès face au voisin biarrot a également une saveur particulière.
Même s’il rappelle qu’il ne s’agit que d’un match amical, Camille Lopez estime qu’il était important de ne pas revivre la désillusion de l’an dernier.
« Ça reste un match contre le voisin. Et on a vu l’an dernier que ça ne fait jamais plaisir de perdre contre le voisin qui joue à l’échelon en dessous, sans manquer de respect au BO. Tu dois gagner chez toi. C’est chose faite cette année. Après, ça reste un premier match. Ce n’est pas parce qu’on a gagné ce soir que notre début de saison sera bon. Vous savez comme moi que ça reste des matchs amicaux. »
Des progrès, mais encore beaucoup de travail
L’ancien demi d’ouverture retrouve sur le terrain les mêmes qualités… mais aussi les mêmes défauts observés à l’entraînement.
Il estime que son équipe devra rapidement gagner en précision.
« Je ne sais pas si on est dans les temps. On retrouve un peu les mêmes choses qu’à l’entraînement. On a encore le même déchet sur certaines choses qu’il faut continuer à régler. Chaque chose va prendre son temps, mais on n’a pas 36 semaines pour tout mettre en place. Il va falloir qu’on rectifie le tout assez vite pour être plus précis et avoir un peu plus d’opportunités sur nos actions. »
En revanche, plusieurs séquences de la seconde période ont particulièrement plu au coach bayonnais.
Il souhaite voir son équipe continuer à prendre des initiatives.
« J’ai aimé les initiatives qu’on prend en seconde mi-temps, où on met un peu plus de rythme, un peu plus de tempo. On tente des choses. J’ai en tête la contre-attaque de Madosh Tambwe, qui joue une touche rapidement. On part de nos 22 mètres, on finit à cinq mètres de la ligne et on est à deux doigts de marquer avec Yohan Orabé. Il faut qu’on prenne des initiatives. Les adversaires ne vont pas nous les donner. C’est à nous d’aller les chercher et d’être un peu ambitieux dans notre jeu. »
Camille Lopez a également apprécié l’impact de plusieurs joueurs.
Il souligne notamment la qualité de la rentrée de Léo Coly.
« Gagner nos collisions nous met dans l’avancée et on trouve du rythme. Léo Coly fait une bonne rentrée et nous anime bien la deuxième mi-temps. On va continuer à bien peaufiner ce qu’on fait depuis quatre ou cinq semaines et essayer d’être prêts pour enchaîner contre Toulouse. On va forcément monter en intensité avec l’adversaire, mais ce sera une bonne opposition pour préparer la suite. »
« Je ne veux pas qu’on se fasse chier »
Pour conclure, Camille Lopez a expliqué ce qu’il attend désormais de son équipe.
Selon lui, Bayonne doit apprendre à être plus patient avec le ballon, tout en conservant son ambition offensive.
« Beaucoup de choses doivent encore progresser. Il va falloir être précis sur des petits détails. Le problème, c’est qu’on veut aller trop vite. En première mi-temps, on ne tient pas le ballon deux phases de jeu. À ce sport-là, si tu ne tiens pas le ballon, tu ne peux pas mettre l’équipe en face en difficulté. On veut trop vite créer des choses et marquer. Il va falloir apprendre à être un peu plus patient, à conserver le ballon pour pouvoir mettre l’adversaire en difficulté. C’est ce qu’on a vu en seconde période. Quand on se détache au score, on se libère davantage. Il faudra être capable de se libérer même quand le score sera plus serré. Il faut qu’on soit ambitieux. Du déchet, il y en aura, mais on va l’accepter parce que sinon, on ne crée rien, on ne joue pas et, entre guillemets, on va se faire chier. Je ne veux pas de ça. »
Le rendez-vous est désormais fixé à vendredi prochain, avec un deuxième et dernier match de préparation face au Stade Toulousain, un test d’un tout autre calibre avant le lancement du Top 14.







